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Léon Dostert, un être d’exception

 Nous poursuivons notre série d'articles consacrés à quatre des plus prodigieux et des plus attachants linguistes de l'histoire :

        

Le cardinal Giuseppe Caspar Mezzofanti 
(1774 – 1849)

de la plume de Madeleine BOVA

C.K. Scott Moncrieff : Soldier, Spy and Translator
(1889 – 1930)

de la plume de Mike Mitchell

 

à paraitre :

Sir William Jones 
(1746 – 1794)

 

Isabelle_Pouliot (1)L'article qui suit a été rédigé par Isabelle Pouliot, traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). Isabelle a fondé la société DESIM Inc. en 2012. http://traduction.desim.ca

Son parcours universitaire et professionnel comprend le journalisme, la traduction et la révision. Isabelle est diplômée de l'Université McGill en traduction. Elle partage son temps entre Oakland, en Californie, et Montréal, au Canada.

 

 

DostertLéon Dostert (1904-1971) a joué un grand rôle dans l'évolution de l'interprétation simultanée. Cette méthode de relais d'un message, qui semble si normale de nos jours, a fait ses véritables débuts durant le tribunal de Nuremberg de novembre 1945 à octobre 1946. Léon Dostert était le responsable de l'équipe d'interprètes du tribunal et c'est lui Dostert Jacksonqui a convaincu le procureur général américain Robert  Jackson d'utiliser l'interprétation simultanée, effectuée grâce à un système composé d'écouteurs et de micros, au lieu de l'interprétation consécutive.

En réalité, l'interprétation simultanée avait été testée pour la première fois en 1927 par le Bureau international du Travail à Genève. Le système avait été créé par la société IBM. Cependant, le nombre et la longueur des câbles et cordons d'alimentation constituaient un obstacle et cette technologie a alors été adoptée par peu d'interprètes. Après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le tribunal militaire instauré par les Alliés à Nuremberg a permis à cette technologie de s'imposer et de prouver sa valeur.

Dostert accused

 

Léon Dostert voyait des obstacles à l'interprétation consécutive, qu'il avait pratiquée comme interprète du général américain Dwight Eisenhower :

Dostert - eisenhower«Quand j'étais l'interprète d'Eisenhower et qu'il discutait de quelque chose avec de Gaulle, il ne lui parlait pas ; il me parlait. Lorsque de Gaulle répondait, son expression faciale, son ton, ses gestes étaient dirigés vers moi, non vers Eisenhower. » [1]

Comment un Français est-il devenu Dosert Lorraine interprète d'un général américain? Léon Dostert est né en 1904 dans la ville de Longwy en Lorraine. En 1914, la France entre dans la Première Guerre mondiale ; sa ville est occupée par l'armée allemande et cette langue est enseignée à l'école primaire. À l'adolescence, il travaille comme manoeuvre et ses collègues le nomment interprète en raison de sa maîtrise de l'allemand. Lorsque l'armée américaine chasse l'armée allemande de la ville, Dostert apprend l'anglais et devient également interprète auprès des soldats américains. [2]

Après la guerre, il se rend aux États-Unis, d'abord en Californie, puis à Washington, où il étudie à l'Université Georgetown. Il devient ensuite professeur de français dans cette même institution. Dès 1939, au début de la Seconde Guerre, il travaille à l'ambassade française de Washington jusqu'en 1941. La France est occupée par l'Allemagne en 1940 ; Dostert reçoit la nationalité américaine en 1941, s'enrôle dans l'armée américaine en 1942  et devient l'interprète du général Eisenhower jusqu'en 1944. Promu au grade de colonel en 1945, il reçoit le mandat d'organiser un système d'interprétation simultanée pour le tribunal de guerre de Nuremberg.

La difficulté était grande, puisque les séances du tribunal se déroulaient en quatre langues : allemand, russe, français et anglais.

Une interprète qui a travaillé au tribunal, Marie-France Skuncke, raconte le déroulement des séances :

« Horaire d'une journée-type : le matin, équipe A, 45 minutes de cabine, période pendant laquelle l'équipe B écoutait les débats en salle 606 derrière la salle d'audience. A mi-matinée, changement d'équipe, B en cabine, A en salle 606. Audience levée à midi. Le même schéma l'après-midi. Ce jour-là, l'équipe C se reposait. Tous les jours, deux équipes sur trois travaillaient. » [3]

Nuremberg IBM System  9:95 minutes

À l'époque, la technologie est lourde et très visible : « Le système de son ne comportait que six microphones d'origine : un pour chaque juge, un pour le banc des témoins et un autre pour la personne qui se trouvait à la tribune. Ce qui se disait à la source était transmis, par une console de contrôle, aux écouteurs des interprètes, qui, à leur tour, traduisaient l'intervention dans la langue voulue grâce à quatre microphones, un par cabine. » [4]

Dostert cabin

Interpreters at the Nuremberg Trial;

Front: English desk;
Back: French desk. To the left, monitor.
Credit: US National Archives, College Park, MD, courtesy of Francesca Gaiba

 

Les câbles reposaient sur le sol; ce qui occasionnait des pannes lorsque quelqu'un trébuchait. Le délai entre l'écoute et la transmission était inférieur à dix secondes. C'est aussi durant les travaux de ce tribunal qu'a été instaurée l'utilisation de voyants lumineux : jaune, pour demander un ralentissement du discours, et rouge, pour un arrêt complet. Comme le rapporte Jalón : « En cas de fatigue ou de difficulté persistante, le « contrôleur » faisait appel à l'interprète de réserve (…) L'auditoire, conscient de la nouveauté du système et du gain de temps qu'il supposait, considérait ces interruptions et ces remplacements avec bienveillance et se montrait compréhensif. »

Voyant le succès de cette méthode au tribunal de Nuremberg, l'Organisation des Nations Unies (ONU), créée à l'occasion de la conférence de San Francisco en octobre 1945, a par la suite demandé à Léon Dostert d'organiser son système d'interprétation simultanée.

Dosert vissonComme l'indique une ancienne interprète de conférence de l'ONU, Lynn Visson, à propos de Dostert : « Il croyait qu'il était possible pour un être humain d'écouter et de parler en même temps. » [5]

 


La communication, une préoccupation constante

Léon Dostert croyait en de nombreuses possibilités. Il a cofondé l'Institute of Languages and Linguistics of the School of Foreign Dosert Washington Service de l'Université Georgetown et l'a dirigé durant 10 ans. Cet institut faisait une large place aux magnétophones à titre d'outils d'apprentissage des langues. M. Dostert a également fondé une conférence annuelle qui traitait de langues et de linguistique et un programme d'études d'apprentissage de l'anglais en Turquie.

En 1953, on l'a chargé de réfléchir aux possibilités de traduction automatique faite par un ordinateur. Cette collaboration entre l'Université Georgetown et IBM a permis de réaliser la première traduction automatique en janvier 1954 par l'ordinateur IBM 701, qui avait été programmé pour traiter un vocabulaire de 250 mots et six règles de grammaire.

Dans un communiqué de presse d'IBM [6], on peut lire : « La langue russe a été traduite en anglais par un « cerveau » électronique pour la première fois aujourd'hui (…) Une femme qui ne comprenait pas un mot de la langue des Soviets a tapé des messages en russe sur des cartes perforées IBM. Le « cerveau » a transmis leur traduction à une imprimante automatique qui imprimait des mots à la vitesse folle de deux lignes et demie de texte à la seconde. (…) »

Dostert Punched_card

Dans le communiqué, Léon Dostert posait l'hypothèse que cinq ans plus tard, peut-être même trois, la communication entre deux langues par voie électronique deviendrait une réalité. Ainsi, disait-il, « un autre obstacle à la communication interculturelle sera éliminé et une autre étape sera franchie vers une plus grande compréhension, puisque c'est au moyen de la langue écrite que l'homme a toujours voulu communiquer de manière plus étendue avec ses contemporains et plus étroitement encore avec la postérité. La pluralité des langues a en partie entravé cette quête. La traduction électronique constitue une nouvelle étape dans la tentative de l'homme de communiquer avec ses voisins. »

  Leon Dostert - image  
  « Tu vaux autant de gens que tu sais de langues » – attribué à Charles Quint, selon Cassell's Book of Quotations, Proverbs and Household Words  

M. Dostert a poursuivi sa brillante carrière jusque vers la fin des années 1960. Il a obtenu plusieurs doctorats honorifiques, travaillé au sein de différentes institutions universitaires, a conçu des méthodes d'apprentissage des langues étrangères à l'intention des personnes aveugles [7] et a publié bon nombre d'articles sur la traduction automatique, les langues et la linguistique. Il est reconnu à la fois pour avoir fait progresser l'interprétation simultanée et la traductique, l'utilisation de l'informatique en traduction.

 

Références :

Dostert bookcover[1] De Paris à Nuremberg : naissance de l'interprétation de conférence, Jesús Baigorri Jalón, Les Presses de l'Université d'Ottawa, Ottawa, 2004, traduit de l'espagnol par Clara Foz, p.229

[2] Les renseignements biographiques de Léon Dostert sont tirés de Papers in Linguistics in Honor of Léon Dostert,  par R. Ross MacDonald, La Haye, Mouton 1967, sous la direction de William Mandeville Austin.

[3] Tout a commencé à Nuremberg

[4] De Paris à Nuremberg… p.231

[5] How the Nuremberg Trials changed interpretation forever 

[6] 701 Translator

[7] Les traducteurs dans l'histoire, 3e édition, sous la direction de Jean Delisle et Judith Woodsworth, Les Presses de l'Université d'Ottawa, Éditions UNESCO, Ottawa, 2014, p.265

Lecture supplémentaire :

Multiliguism – Interpreters Meet History

How the Nuremberg Trials changed interpretation forever (audio)
The World in Words – Public Radio International

Le procès de Nuremberg (45 minutes) 

 

Actualité linguistique

Nigel est devenu Niguelito ! Un perroquet anglophone retrouvé parle maintenant espagnol

 

Gray parrotTORRANCE, Californie. — Un perroquet domestique qui parlait anglais avec un accent britannique a été réuni avec son maître quatre ans après sa disparition. Le hic ? Le perroquet, appelé Nigel, s'exprime désormais en espagnol.

Grâce à la micropuce implantée sous la peau du perroquet, une vétérinaire californienne, Teresa Micco, a retracé Darren Chick, un Britannique qui réside à Torrance. Mme Micco a d'abord cru que le perroquet était le sien, qu'elle recherche depuis neuf mois.

Les pérégrinations des quatre dernières années du perroquet demeurent inconnues, mais M. Chick a expliqué que le perroquet, qui parlait anglais avec un accent britannique, parle maintenant l'espagnol.

 Isabelle Pouliot

 

Lecture supplémentaire

 

            Alex          

            The Alex Studies: 
Cognitive and 
            Communicative Abilities of Grey Parrots

             Irene Maxine Pepperberg
             Harvard University Press;
             1st edition (May 30, 2002)

              Video 2:31 minutes :

  

De l’Italie à la Grande-Bretagne et jusqu’à l’Inde, le long voyage des trésors romains

 Première partie :

Aureus d'or à l'effigie de l'empereur Caligula

 

Treasures (coin)
Pièce romaine,
an 40 de notre ère,

frappée à Rome et retrouvée dans le sud de l'Inde

Cette pièce a été frappée à Rome au premier siècle de notre ère, mais elle faisait partie d'un trésor retrouvé dans le sud de l'Inde, vers la fin du 19e siècle. Comment ces pièces ont-elles pu se rendre si loin de leur lieu d'émission? Nous savons que le commerce de l'Empire romain avec l'Asie était florissant, [1] notamment avec l'Inde du sud. Les pièces d'or romaines servaient à payer des marchandises venues d'Orient, comme les épices et la soie. Selon le naturaliste et écrivainPliny latin Pline l'Ancien (an 23/24-79 de notre ère), ce commerce avec l'Orient était alors si important que plus de 25 millions de deniers sortaient de l'Empire chaque année, équivalant à un million de pièces d'or comme celle-ci.

CaligulaL'effigie de la pièce est celle de l'empereur romain Caius qui a régné de 37 à 41. Il est mieux connu sous le surnom de Caligula (de caliga : petites bottes). La pièce a été taillée au ciseau à métal, comme de nombreuses pièces retrouvées dans ce trésor : les commerçants indiens ont peut-être voulu vérifier si la pièce était en or massif et non simplement plaquée d'or. La pratique bouddhique de ces commerçants indiens interdisait les images humaines, ce qui peut expliquer que les effigies des pièces aient été martelées.

 

  Roman CaligulaA. BarrettCaligula: the corruption of power 
  (Yale  University Press, 1998)

  J. Williams (ed.), 
  Money: a history 
  (The British Museum Press, 1997)

 [1]  Roman trade with India – New World Encyclopedia


Deuxième partie :

Des bijoux de l'époque romaine découverts à Colchester

 

Colchester jewelry

 De gauche à droite : chaîne d'argent, bracelet en argent, bracelet en or, bracelet en or, bracelet en or, bracelet en argent.
                                                photo: The Colchester Archaeological Trust

 

 

COLCHESTER (Angleterre) — Un assortiment de bijoux datant de l'époque romaine, notamment trois bracelets en or, une chaîne en argent, deux bracelets d'argent, un bracelet d'argent, quatre bagues, un coffret renfermant deux paires de boucles d'oreilles en or et un sac de pièces de monnaie, ont été retrouvés pendant des travaux de rénovation d'un grand magasin de Colchester, la plus ancienne ville britannique dont l'existence soit

Colchester Castle

                           'Colchester Castle'
    bati sur les  foudations du Temple de Claudi

documentée. Cette cache de bijoux avait été enterrée sous le plancher d'une maison incendiée pendant la révolte de la reine celte Boudicca (ou Boadicée) contre les soldats romains, en l'an 61. À la suite des affrontements, le sol a été recouvert d'une épaisse couche rouge et noir de sédiments, sur laquelle est édifiée l'actuelle ville de Colchester. « Notre équipe a retrouvé la cache de bijoux intacte de même que le sol où elle a été enfouie. Nous avons donc soigneusement exhumé les articles et les avons consignés un par un en dehors du site, manipulation effectuée avec une grande rigueur », a indiqué le président du Colchester Archaeological Trust, Phillip Crummy, au journal Trust EADT 24. De plus, un bout d'os de mâchoire humaine et un tibia humain, sectionné avec une épée lourde et acéré, ont été exhumés. « Nous avons également retrouvé sur le sol de la pièce où se trouvait la cache de bijoux, de la nourriture jamais consommée, dont des dattes, des figues, du blé, des pois et du grain », a expliqué M. Crummy. Ces vivres étaient probablement entreposés dans la pièce où ils ont été carbonisés et préservés par le feu.

 

Les plus vieux bijoux jamais découverts : vieux de 100 000 ans, des grains de coquillage de la collection du Musée d'histoire naturelle 

JewelryDes grains de coquillage, vieux de 100 000 ans, sont les plus vieux bijoux jamais découverts. On a déterminé que les deux petits coquillages marins ont été percés artificiellement pour servir de pendentifs ou de collier. Cette découverte, publiée dans la revue Science en 2006, aide les scientifiques à reconstituer l'évolution du comportement moderne.

Les deux coquillages ont été exhumés entre 1931 et 1932, dans la grotte d'Es Skhul, au milieu d'un gisement contenant aussi des restes humains anatomiquement modernes. Skhul, aujourd'hui en Isra
ël, faisait partie de la Palestine à l'époque sous mandat britannique.

 

Troisième partie :

Notes historiques :

1. La conquête de la Grande-Bretagne par les Romains.

« Il est difficile, pour des peuples faibles, de rester libres s'ils se trouvent à portée d'une grande puissance militaire. La Gaule étant conquise, la Bretagne devenait pour les Romains le but de campagne le plus naturel. César avait besoin de victoires pour étonner Rome et d'argent pour récompenser soldats et partisans. En ces îles fabuleuses, il espérait trouver de l'or, des perles et des esclaves. » (André Maurois. Histoire de l'Angleterre. Paris, A. Fayard et Cie,1937.) Il tentera deux expéditions, en 55 et 54 avant Jésus-Christ, sans s'installer durablement dans tout le pays. Toutefois, des relations commerciales étaient établies et les monnaies de l'Empire y avaient cours. Ce n'est qu'en 43 après Jésus-Christ que Claude (qui avait succédé à Caligula) envoya outre-Manche quatre légions (soit environ 50.000 hommes) qui investirent toute l'actuelle Angleterre, mais rencontrèrent plus de résistance au Pays de Galles et en Écosse. Les Romains construisirent des routes et édifièrent des places fortes pour y tenir garnison. Toutes les villes anglaises dont le nom se termine par chester ou cester, comme Chester, Colchester, Doncaster, Dorchester, Winchester, Worcester, ont été à cette époque des camps romains (castra). Boadicee 2Vers 60, la reine Boadicée, veuve du roi des Icènes, se révolta contre les Romains. Mais, après avoir ravagé Londres (Lundinium), elle fut vaincue et s'empoisonna. Succéda alors le sage gouvernement d'Agricola, le beau-père de Tacite, qui sut pratiquer une colonisation pacifique couronnée de succès. Cependant, Rome ne parvint jamais à étendre sa présence à l'ouest et au nord. Les farouches Picts et Brigantes résistaient à toute pénétration romaine et descendaient périodiquement razzier les villes du sud. En l'an 120, l'empereur Hadrien vint en Bretagne et, renonçant à conquérir le Nord, fit édifier une ligne fortifiée allant de la Tyne au golfe de Solway et constituée de quatorze forts et d'une muraille de pierre, le fameux mur d'Hadrien. La réponse fournie par le peuple écossais à la question qui lui était posée le 18 septembre dernier dispensera les autorités britanniques de reconstruire cet ouvrage défensif !

Hadrian

  

 (45 minutes)

Lecture supplémentaire :

 

Boadicee

Statue de Boadicée, héroïne de la patrie, érigée à Londres,
œuvre de Thomas Thornycroft 

Boudicca, Queen of the Iceni
Archeology, July 16, 2013
A publication of the Archaeological Institute of America

In case you missed it… 9 places associated with the collapse of Roman Britain
History extra, 20 October 2014

2. La monnaie de la Grande-Bretagne:

En Grande-Bretagne, le système dit du denier a été instauré par le roi Henri II (1519-1559). Il se fondait sur le système du poids de Troyes, utilisé pour peser les métaux précieux. Le penny était égal à 1,5 gramme d'argent fin. Une livre valait donc 240 x 1,5 g, soit une livre d'argent fin. Une « couronne » était initialement une pièce d'or émise pendant le règne d'Henri VIII, en 1544. Elle devint une pièce d'argent sous son fils Édouard VI, en 1551. Plus tard, la couronne en vint à s'appeler le shilling (en vieil anglais « scilling »), terme également utilisé  dans d'autres langues, tel le schilling qui est, aujourd'hui encore, l'unité monétaire de l'Autriche. En français, on a dit aussi schelling, terme que l'on trouve, par exemple, chez Victor Hugo. 

Sources :

Archeology.org
BritishMuseum.org
Natural History Museum

 

Quatrieme partie:

Glossaire du Mot Juste:

 

a bad penny

Un drôle de type

a penny for your thoughts

À quoi penses-tu ?

A penny saved is a penny earned

Un sou est un sou

I need to spend a penny

Je dois aller à la toilette

in for a penny, in for a pound

Autant faire les choses jusqu'au bout

It costs a pretty penny

Cela coûte un beau sou

pennies from Heaven

De l'argent qui tombe du ciel

pennies on the dollars (USA)

Beaucoup moins cher que le prix
initial; en droit, être payé « au marc le franc », c'est-à- dire d'une certaine proportion de la créance. 

penniless

Sans le sou

penny arcade

Salle de jeux (avec machines à sous)

penny dreadful

Roman à quatre sous

penny pincher

Pingre, radin

penny-wise, pound-foolish

Économiser un franc
et en prodiguer mille

The penny dropped

Le déclic s'est produit

 

A la une (26 septembre, 2014) :

East Devon (Angleterre). Des archéologues et des conservateurs du British Museum ont annoncé qu'un détecteur de métaux amateur a découvert le plus grand trésor de monnaies anciennes jamais mis au jour en Grande-Bretagne. Il s'agit de pas moins de 22.000 pièces datant de 260 à 350 après Jésus-Christ qui étaient en très bon état lorsqu'elles ont été sorties du sol.  

 

Isabelle_Pouliot (1)

 

rédigé par Isabelle Pouliot (dont traduction des articles parus dans archeology.org et le site du British Museum) et par Jean Leclercq, pour le lexique et les notes historiques.

Isabelle, traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) a fondé la société DESIM Inc. en 2012. (http://traduction.desim.ca)

Jonathan Meades, linguiste du mois de juillet 2014

 Meades The Indpendant

photo: The Independant

Jonathan Meades, intellectuel anglais, s’est bâti une solide réputation auprès du public britannique et de l’étranger, notamment dans les domaines de la gastronomie, de l’architecture, du documentaire (environ 25 films pour la télévision) et de l’écriture. Parmi toutes ses activités professionnelles, il a notamment été critique culinaire au Times de Londres pendant de nombreuses années.

 

Meade food

 

M. Meades a eu la gentillesse d’accepter une invitation à notre rubrique ” Linguiste du mois”.


Isabelle_Pouliot (1)


L’entrevue qui suit fut réalisée en anglais et traduite en français par la très douée traductrice Isabelle Pouliot.

Nous la remercions infiniment pour sa précieuse aide.

Isabelle, traductrice agréée de l’anglais vers le français de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) a fondé la société DESIM Inc. en 2012. (http://traduction.desim.ca)

Son parcours universitaire et professionnel comprend le journalisme, la traduction et la révision. Isabelle est diplômée de l’Université McGill en traduction. Elle habite à Oakland, en Californie. 

Il s’agit d’une première publication sur ce blogue pour Isabelle, le jour même de son anniversaire. Nous serons très heureux de voir cette coopération
s’épanouir dans un proche avenir. Felicitations, Isabelle, pour la belle traduction et pour ton anniversaire.

 

 LMJ : Votre recherche sur des aspects inusités de l’architecture est bien connue du public grâce à plusieurs séries télévisées, dont la première était Abroad in Britain (offerte en format DVD). Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs français la singularité du titre et la raison de son choix ?

Meades architecture

M. Meades : Mes sujets britanniques ont toujours été provinciaux. Pour quelqu’un comme moi ayant vécu toute sa vie d’adulte à Londres sauf les sept dernières années, les provinces britanniques sont des territoires étrangers, elles sont abroad

LMJ : Dans un documentaire diffusé à la télévision en deux parties et intitulé Magnetic North, vous présentez au public britannique des aspects méconnus des pays du nord de l’Europe. Étant donné que de nombreux Britanniques ont voyagé dans ces pays, quelle recherche avez-vous effectuée afin de trouver du matériel qui serait inédit pour les téléspectateurs ?

Meades 5

M. Meades :C’est très simple, la plupart des Britanniques ignorent tout du nord de l’Europe. Les Britanniques qui voyagent en Europe vont en Espagne, en France, en Italie. Presque tout ce que j’ai choisi de leur montrer était donc nouveau pour eux. De plus, ce documentaire n’était pas un journal de voyage, mais, comme la plupart de mes travaux, un essai polémique.

 

  Meades franceLMJ : En 2012, BBC4 a diffusé la série Jonathan Meades on France, dans laquelle vous visitez votre « second pays ». Vous semblez avoir adopté cette citation fréquemment attribuée à Benjamin Franklin : « Tout homme a deux patries : la sienne et puis la France ». Vous qui connaissez si bien de nombreux pays européens, qu’est-ce qui explique votre fascination pour la France ?


M. Meades : La plupart du temps, cette citation est faussement attribuée à Thomas Jefferson. Cependant, il s’agit d’une réplique du personnage de Charlemagne dans une pièce de théâtre écrite par le dramaturge français, Henri de Bornier à la fin du 19e siècle. C’est un énoncé très chauvin qu’on ne doit pas prendre au sérieux…

J’admire le républicanisme français.

 Meade 2 cuntries

 

LMJ : Vous avez récemment écrit un article intitulé So frenchy, so touchy, about the English language, qui a été publié dans le quotidien britannique The Guardian. Dans cet article, vous suggérez aux Français d’accepter l’influence de l’anglais sur leur langue. Vous avez écrit : « Ce qui est […] particulier, c’est cet entêtement digne du roi Canute dont fait preuve une certaine strate de la société française, laquelle refuse d’admettre que les langues sont des organismes hybrides et que l’idéal de pureté linguistique est aussi inatteignable qu’indésirable ». Mais ne croyez-vous pas qu’il est légitime que de nombreux Français, constatant une tendance à l’adoption servile de l’anglais, craignent de voir leur langue et leur culture menacées ?

M. Meades :Le risque que les Français « adoptent servilement » quelque chose qu’ils ne veulent pas adopter est nul.

 

Meades filthy englishLMJ  : Vous avez publié une dizaine d’ouvrages, notamment Filthy English, un recueil de nouvelles et votre premier livre de fiction. Stephen Fry affirme que personne ne comprend l’Angleterre mieux que vous. Cependant, un lecteur a décrit votre livre de la manière suivante : « C’est comme un menu qui comprend du foie gras poêlé et sa réduction de framboises, suivi d’un confit de canard et sa réduction de cerises, et pour finir, une crêpe Suzette. Tous ces plats sont délicieux, mais non leur accumulation dans un même repas ». Que pensez-vous de cette opinion exprimée par des termes culinaires ? Un autre lecteur a dit qu’il n’avait compris qu’un mot sur trois. Votre style peut-il être trop précieux pour la société d’aujourd’hui ? En d’autres termes, est-ce que ce livre est principalement destiné à un public de lettrés ?

 

M. Meades : Je méprise les écrivains qui se préoccupent de ce que disent leurs lecteurs, particulièrement lorsqu’ils s’expriment d’une manière si lourde.


LMJ : Que faites-vous en France en ce moment ? Lorsque vous êtes en France, vous adonnez-vous aux mêmes activités qu’à votre bureau en Angleterre ? Quels sont vos projets ?


M. Meades : J’écris un nouveau livre et je planifie une nouvelle émission de télévision, deux exercices presque antithétiques.

 

Lectures supplémentaires :

Sharp Suits and Sparkle: Jonathan Meades On Acid, Space and Place
The Quietus, 29.10.2012

Incest and Morris Dancing,
BBC NEWS BREAKFAST, 02.05.2002