Première partie :
Aureus d'or à l'effigie de l'empereur Caligula
an 40 de notre ère,
frappée à Rome et retrouvée dans le sud de l'Inde
Cette pièce a été frappée à Rome au premier siècle de notre ère, mais elle faisait partie d'un trésor retrouvé dans le sud de l'Inde, vers la fin du 19e siècle. Comment ces pièces ont-elles pu se rendre si loin de leur lieu d'émission? Nous savons que le commerce de l'Empire romain avec l'Asie était florissant, [1] notamment avec l'Inde du sud. Les pièces d'or romaines servaient à payer des marchandises venues d'Orient, comme les épices et la soie. Selon le naturaliste et écrivain latin Pline l'Ancien (an 23/24-79 de notre ère), ce commerce avec l'Orient était alors si important que plus de 25 millions de deniers sortaient de l'Empire chaque année, équivalant à un million de pièces d'or comme celle-ci.
L'effigie de la pièce est celle de l'empereur romain Caius qui a régné de 37 à 41. Il est mieux connu sous le surnom de Caligula (de caliga : petites bottes). La pièce a été taillée au ciseau à métal, comme de nombreuses pièces retrouvées dans ce trésor : les commerçants indiens ont peut-être voulu vérifier si la pièce était en or massif et non simplement plaquée d'or. La pratique bouddhique de ces commerçants indiens interdisait les images humaines, ce qui peut expliquer que les effigies des pièces aient été martelées.
A. Barrett, Caligula: the corruption of power
(Yale University Press, 1998)
J. Williams (ed.),
Money: a history
(The British Museum Press, 1997)
[1] Roman trade with India – New World Encyclopedia
Deuxième partie :
Des bijoux de l'époque romaine découverts à Colchester
photo: The Colchester Archaeological Trust
COLCHESTER (Angleterre) — Un assortiment de bijoux datant de l'époque romaine, notamment trois bracelets en or, une chaîne en argent, deux bracelets d'argent, un bracelet d'argent, quatre bagues, un coffret renfermant deux paires de boucles d'oreilles en or et un sac de pièces de monnaie, ont été retrouvés pendant des travaux de rénovation d'un grand magasin de Colchester, la plus ancienne ville britannique dont l'existence soit
documentée. Cette cache de bijoux avait été enterrée sous le plancher d'une maison incendiée pendant la révolte de la reine celte Boudicca (ou Boadicée) contre les soldats romains, en l'an 61. À la suite des affrontements, le sol a été recouvert d'une épaisse couche rouge et noir de sédiments, sur laquelle est édifiée l'actuelle ville de Colchester. « Notre équipe a retrouvé la cache de bijoux intacte de même que le sol où elle a été enfouie. Nous avons donc soigneusement exhumé les articles et les avons consignés un par un en dehors du site, manipulation effectuée avec une grande rigueur », a indiqué le président du Colchester Archaeological Trust, Phillip Crummy, au journal EADT 24. De plus, un bout d'os de mâchoire humaine et un tibia humain, sectionné avec une épée lourde et acéré, ont été exhumés. « Nous avons également retrouvé sur le sol de la pièce où se trouvait la cache de bijoux, de la nourriture jamais consommée, dont des dattes, des figues, du blé, des pois et du grain », a expliqué M. Crummy. Ces vivres étaient probablement entreposés dans la pièce où ils ont été carbonisés et préservés par le feu.
Les deux coquillages ont été exhumés entre 1931 et 1932, dans la grotte d'Es Skhul, au milieu d'un gisement contenant aussi des restes humains anatomiquement modernes. Skhul, aujourd'hui en Israël, faisait partie de la Palestine à l'époque sous mandat britannique.
Troisième partie :
Notes historiques :
1. La conquête de la Grande-Bretagne par les Romains.
« Il est difficile, pour des peuples faibles, de rester libres s'ils se trouvent à portée d'une grande puissance militaire. La Gaule étant conquise, la Bretagne devenait pour les Romains le but de campagne le plus naturel. César avait besoin de victoires pour étonner Rome et d'argent pour récompenser soldats et partisans. En ces îles fabuleuses, il espérait trouver de l'or, des perles et des esclaves. » (André Maurois. Histoire de l'Angleterre. Paris, A. Fayard et Cie,1937.) Il tentera deux expéditions, en 55 et 54 avant Jésus-Christ, sans s'installer durablement dans tout le pays. Toutefois, des relations commerciales étaient établies et les monnaies de l'Empire y avaient cours. Ce n'est qu'en 43 après Jésus-Christ que Claude (qui avait succédé à Caligula) envoya outre-Manche quatre légions (soit environ 50.000 hommes) qui investirent toute l'actuelle Angleterre, mais rencontrèrent plus de résistance au Pays de Galles et en Écosse. Les Romains construisirent des routes et édifièrent des places fortes pour y tenir garnison. Toutes les villes anglaises dont le nom se termine par chester ou cester, comme Chester, Colchester, Doncaster, Dorchester, Winchester, Worcester, ont été à cette époque des camps romains (castra). Vers 60, la reine Boadicée, veuve du roi des Icènes, se révolta contre les Romains. Mais, après avoir ravagé Londres (Lundinium), elle fut vaincue et s'empoisonna. Succéda alors le sage gouvernement d'Agricola, le beau-père de Tacite, qui sut pratiquer une colonisation pacifique couronnée de succès. Cependant, Rome ne parvint jamais à étendre sa présence à l'ouest et au nord. Les farouches Picts et Brigantes résistaient à toute pénétration romaine et descendaient périodiquement razzier les villes du sud. En l'an 120, l'empereur Hadrien vint en Bretagne et, renonçant à conquérir le Nord, fit édifier une ligne fortifiée allant de la Tyne au golfe de Solway et constituée de quatorze forts et d'une muraille de pierre, le fameux mur d'Hadrien. La réponse fournie par le peuple écossais à la question qui lui était posée le 18 septembre dernier dispensera les autorités britanniques de reconstruire cet ouvrage défensif !
(45 minutes)
Lecture supplémentaire :
Boudicca, Queen of the Iceni
Archeology, July 16, 2013
A publication of the Archaeological Institute of America
In case you missed it… 9 places associated with the collapse of Roman Britain
History extra, 20 October 2014
2. La monnaie de la Grande-Bretagne:
En Grande-Bretagne, le système dit du denier a été instauré par le roi Henri II (1519-1559). Il se fondait sur le système du poids de Troyes, utilisé pour peser les métaux précieux. Le penny était égal à 1,5 gramme d'argent fin. Une livre valait donc 240 x 1,5 g, soit une livre d'argent fin. Une « couronne » était initialement une pièce d'or émise pendant le règne d'Henri VIII, en 1544. Elle devint une pièce d'argent sous son fils Édouard VI, en 1551. Plus tard, la couronne en vint à s'appeler le shilling (en vieil anglais « scilling »), terme également utilisé dans d'autres langues, tel le schilling qui est, aujourd'hui encore, l'unité monétaire de l'Autriche. En français, on a dit aussi schelling, terme que l'on trouve, par exemple, chez Victor Hugo.
Sources :
Archeology.org
BritishMuseum.org
Natural History Museum
Quatrieme partie:
Glossaire du Mot Juste:
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a bad penny |
Un drôle de type |
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a penny for your thoughts |
À quoi penses-tu ? |
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A penny saved is a penny earned |
Un sou est un sou |
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I need to spend a penny |
Je dois aller à la toilette |
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in for a penny, in for a pound |
Autant faire les choses jusqu'au bout |
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It costs a pretty penny |
Cela coûte un beau sou |
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pennies from Heaven |
De l'argent qui tombe du ciel |
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pennies on the dollars (USA) |
Beaucoup moins cher que le prix |
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penniless |
Sans le sou |
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penny arcade |
Salle de jeux (avec machines à sous) |
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penny dreadful |
Roman à quatre sous |
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penny pincher |
Pingre, radin |
|
penny-wise, pound-foolish |
Économiser un franc |
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The penny dropped |
Le déclic s'est produit |
A la une (26 septembre, 2014) :
East Devon (Angleterre). Des archéologues et des conservateurs du British Museum ont annoncé qu'un détecteur de métaux amateur a découvert le plus grand trésor de monnaies anciennes jamais mis au jour en Grande-Bretagne. Il s'agit de pas moins de 22.000 pièces datant de 260 à 350 après Jésus-Christ qui étaient en très bon état lorsqu'elles ont été sorties du sol.
rédigé par Isabelle Pouliot (dont traduction des articles parus dans archeology.org et le site du British Museum) et par Jean Leclercq, pour le lexique et les notes historiques.
Isabelle, traductrice agréée de l'anglais vers le français de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) a fondé la société DESIM Inc. en 2012. (http://traduction.desim.ca)