|
English |
français |
|
|
ticket |
|
ticket, billet |
|
note, banknote |
|
billet |
|
Contravention: |
|
Contravention : |
Les trois mots existent en anglais et en français. Le mot anglais billet est un faux ami du mot français, comme nous expliquons par la suite.
Commentaire :
Ticket dérive de l'anglais, mais il est d'autant plus acceptable en français qu'il provient du mot « étiquette ». Employé dans le sens de « contravention », ce serait un anglicisme.
Billet a un sens plus général que ticket et coupon : il englobe les tickets et les coupons (sauf de titre). (Des difficultés de la langue française, Éditions Larousse, 2007). Il ne s'emploie pas en anglais dans le même sens. On parle d'un "theatre ticket". (theater aux États-Unis).
Contravention: entré dans la langue anglaise vers 1570, du bas latin contraventionem désignant l'action de contrevenir (Online Etymology Dictionary). Le terme désigne un délit mineur, sanctionné d'une peine de simple police et généralement puni d'une amende. La contravention est constatée par un document, le procès-verbal. Pour le bout de papier que l'agent de police transmet au conducteur ou que celui-ci trouve sur la para-brise de sa voiture, les mots summons (assignation) et ticket s'emploient en Grande Bretagne, lorsque le mot citation est plus commun aux États Unis.
Les mots billet en anglais et « billet » en français sont des faux amis. En anglais, billet (verbe ou substantif) n'a rien à voir avec un ticket ou un coupon. Il désigne un cantonnement chez l'habitant : to billet soldiers on somebody, on a town. [1] Le terme dérive de l'expression française billet de logement qui désignait le titre remis à un militaire et l'autorisant à loger chez des particuliers. Historiquement, il obligeait les habitants à accueillir chez eux des militaires en campagne et constituait une charge particulièrement mal perçue par la population. Il arrivait même que cette pratique prenne un caractère punitif, voire persécuteur telles les dragonnades dirigées contre les protestants à l'époque de Louis XIV. Normalement, lorsqu'ils n'étaient pas en campagne ou en manœuvres, les militaires étaient logés dans des casernes ou des camps ; il arrivait même qu'ils habitent avec leurs familles à proximité de ceux-ci. En anglais, le mot billet en est venu, par extension, à désigner non plus le titre de logement, mais le logement lui-même. Ainsi, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux civils ont été évacués des centres urbains menacés par les bombardements et hébergés (billeted) dans des locaux communaux ou chez des particuliers. Ce fut le cas au Royaume-Uni où, notamment pendant le Blitz, des enfants ou d'autres personnes dont la présence n'était pas indispensable dans les grandes villes ont été mises à l'abri en milieu rural.
Le billet de logement, argument comique
Un faux billet de logement est un moyen ingénieux pour un faux militaire de pénétrer dans l'intimité d'une famille (c'est-à-dire pour un amant de rejoindre son aimée chez elle). Cet artifice est utilisé notamment dans Le Barbier de Séville, la comédie bien connue de Beaumarchais. Il inspire également en 1954 le segment, Le Billet de logement, réalisé par Henri Decoin, dans le film à sketches Secrets de l'alcôve.
Quand les billets de logement déclenchaient la guerre :
L'un des principaux griefs que les colons américains nourrissaient à l'égard du gouvernement britannique et qui contribua à déclencher la Guerre d'Indépendance, était justement le logement des militaires chez des civils. En conséquence, le troisième amendement à la Constitution des États-Unis d'Amérique (adopté en 1791) a été ainsi conçu : "En temps de paix, aucun soldat ne pourra être logé dans une maison quelconque sans le consentement du propriétaire et, en temps de guerre, il ne pourra être logé que selon les règles prescrites par la loi."
[1] Oxford Dictionaries (site internet) :
Noun : A place, usually a civilian's house or other nonmilitary facility, where soldiers are lodged temporarily.
Verb: Lodge (soldiers) in a particular place, especially a civilian's house or other nonmilitary facility:
Lecture supplémentaire :
Jonathan G. & Jean L.