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Waterloo, 18 juin 1815

Ce jour il y a 200 ans – 18 juin, 1815

la chute de Napoléon à la bataille de Waterloo (Belgique)

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 « Waterloo, Waterloo, morne plaine »

 

« Au soir du 18 juin 1815, la carrière de Napoléon et le déroulement de la plus grande épopée individuelle depuis celle de Jules César touchaient à une fin certaine. Dans un récit délié de 48 heures qui comptent parmi les plus critiques de tous les temps, Andrew Roberts allie une récente recherche éclairante à une plume extraordinairement alerte pour développer les cinq phases clés de la bataille.

 

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                  Telegraph.co.uk

 « Un nouveau chef d’état-major ; une occasion offensive manquée ; une charge de cavalerie inopinée et inopportune ; un déluge apocalyptique qui, amollissant désastreusement les sols, anéantit les effets du canon colossal de l’empereur ; une myriade de décisions précipitées basées sur des informations insuffisantes : tout cela permit aux armées de Wellington d’arracher la victoire au commandement français. Au-delà des explications purement humaines de la bévue qui coûta son trône à Napoléon, Roberts développe ses enjeux politiques, stratégiques et historiques et montre ainsi pourquoi Waterloo marque un tournant de notre histoire.

 

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« La génération qui suivit Waterloo vit la naissance de la guerre moderne : les batailles à venir se disputeraient avec des moyens infiniment plus effroyables entre des blocs de pouvoir mouvants. Venu le temps de la grande guerre la chevalerie était morte. L’honneur d’uniformes chatoyants, le sens palpable d’élan, d’audace et d’éclat et la qualité esthétique – initiale du moins – de la bataille firent leur dernier tour de danse à Waterloo. »

Amanda Foreman du livre Waterloo
de la plume d’Andrew Roberts
 
http://www.amanda-foreman.com/waterloo.shtml

 

Voir aussi :

Video clip:

 The Battle of Waterloo – Charge of the British Heavy Cavalry

  

 

Note linguistique :

The English expression “to meet your Waterloo” means to arrive at a final decisive contest.

The origin of this phrase is the 1815 battle outside the Belgian town of Waterloo in which Napoleon Bonaparte was finally defeated by forces commanded by the Duke of Wellington. The term Waterloo quickly became synonymous with anything difficult to master.

Arthur Conan Doyle was the first to refer to someone meeting their Waterloo, in Return of Sherlock Holmes, 1905: "We have not yet met our Waterloo, Watson, but this is our Marengo." (This refers to the Battle of Marengo in Italy, in which Napoleon’s forces were surprised by an Austrian attack and came close to defeat.)

That expression was used with a sexual connotation by Jacque Brel (appropriately, a Belgian) in his song, Au Suivant :

   

 

Post Scriptum: France’s revenge – the Fall of the Duke of Wellington 2010

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Napoléon avait prévu que vaincre les Anglais ne prendrait pas plus de temps que de manger son petit déjeuner (Photo: REUTERS)

Houp-là ! Le Duc de Wellington glisse sur les marches de la Chapelle Saint-Georges au château de Windsor à 94 ans.

 

Jonathan Goldberg

 

Note: vous pouvez continuer à lire la suite de cette serie en cliquant sur les liens suivants: partie 2, partie 3.

 

 

 

Alcatraz et Saint Quentin

Ces derniers temps, j'ai rédigé une série d’articles sur l'île de Sainte-Hélène où Napoléon Bonaparte a été exilé et où il est mort. Vous pouvez lire ces articles en cliquant sur les liens suivants : partie 1, partie 2 et partie 3.

Isolée dans l'Océan Atlantique, Sainte-Hélène ne reçoit guère de visites. Je ne connais personne d'autre qui y soit allé. À la différence de Napoléon, j'ai pu poursuivre mon voyage!

Alcatraz

Alcatraz est une autre île où je me suis rendu. Elle se trouve dans la baie de San Francisco, à moins de trois kilomètres du rivage. Contrairement à Sainte-Hélène, des milliers de touristes s'y rendent chaque année afin d'y visiter la prison, installée en 1934 et utilisée jusqu'en 1963. Depuis, l'île est devenue une attraction touristique en raison de la place importante qu'elle occupe dans les annales du crime aux Etats-Unis. Amenés dans l'île en bateau, les touristes parcourent les vastes installations d’Alcatraz au cours de visites guidées. On leur montre les cellules et on leur raconte l'histoire des prisonniers qui ont essayé de s'en échapper, en bravant les eaux glaciales infestées de crocodiles.

AlcatrazL'île et la prison d'Alcatraz

 

 Lorsque je me suis rendu à Alcatraz, j'ai pris soin d'acheter un aller-retour.

 

Alcatraz inspire des films…

Al Capone et Robert Stroud furent deux pensionnaires célèbres d'Alcatraz. L'un et l'autre ont inspiré des films célèbres.

  Capone
Capone

Mettant en vedette Rod Steiger, « Al Capone » (1959), raconte la carrière du chef de bande Capone, dans le Chicago de la Prohibition.

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 « Le prisonnier d'Alcatraz », film qui valut à Burt Lancaster d'être désigné pour un Oscar, raconte l'histoire de Stroud, un dangereux tueur qui, ayant trouvé un oiseau dans la cour de la prison où il était initialement détenu, s'intéressa sérieusement à l'élevage des oiseaux. On lui attribua deux autres cellules dans lesquelles il installa un laboratoire. Il écrivit deux ouvrages sur les canaris, leur physiologie et leurs mœurs, et mit au point des médicaments pour les ornithoses.

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 … et un triathlon !

 

Chaque année, 2.000 des meilleurs triathlètes du monde se réunissent pendant un week-end à San Francisco pour l'une des compétitions sportives les plus ignominieuses  et les plus extrêmes qui soit: le Triathlon de l'évasion d'Alcatraz.

 

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Certificat de participation au Triathlon
affiché  par Fitness  Marlene , le 14/06/2009

 

St. Quentin

Mais San Francisco a aussi une autre prison en front de mer, celle de San Quentin que certains « visiteurs » n'ont jamais quittée, puisqu'ils y ont été exécutés pour les crimes  graves dont ils ont été reconnus coupables.

 

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Prison d'État de S. Quentin (cal.)                 Chambre d'exécution de S. Quentin

 

San Quentin est le seul endroit en Californie où des gens ont été exécutés à la suite de condamnations par des tribunaux californiens. Entre 1893 et 1937, 215 l'ont été par pendaison et, par la suite, 196 autres par gazage. Depuis 1995, les exécutions s'opèrent au moyen d'injections mortelles. Onze personnes ont été exécutées de la sorte entre 1996 et 2006. (Il y a eu aussi un petit nombre d'exécutions fédérales.)

 

Les « célébrités » de Saint-Quentin

 

La prison de San Quentin a inspiré des livres et des films. Et cela, dès 1937, avec le « San Quentin » dans lequel jouait Humphrey Bogart.

L'un des tueurs les plus tristement célèbres de l'histoire américaine, le gourou Charles Manson, condamné à la prison à vie, est interné à San Quentin. Parmi ses victimes, on peut citer Sharon Tate, l'épouse de Roman Polanski, assassinée à son domicile de Los Angeles, en 1969. Elle avait 26 ans et était enceinte de huit mois et demi.

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Charles Manson, Sharon Tate et Roman Polanski

 

Un clip vidéo reproduit un entretien avec Manson :


 

 

Depuis 2006, pour diverses raisons, aucune exécution capitale n'a eu lieu en Californie. Un nouveau rapport rédigé par deux éminents juristes et publié le 20 juin dernier, a révélé le coût exorbitant du maintien des prisonniers dans le « couloir de la mort ». Chacun d'entre eux coûte à l'État $184 millions de plus que s'il était condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle.

Cela revigorera peut-être le mouvement en faveur de l'abolition de la peine de mort, déjà effective dans un tiers des États de l'Union américaine.

 

Outre mes brefs passages à Alcatraz et à Sainte-Hélène, j'ai aussi visité Robben Island où Nelson Mandela a été emprisonné. J'aimerais recueillir les impressions de lecteurs qui ont visité ces prisons insulaires – ou toutes autres dans le monde.

 

Jonathan Goldberg

Cet article a bénéficié de la traduction et des précieux conseils de Jean Leclercq.   Jean a travaillé pendant 26 ans à l'Organisation mondiale de la Santé  en qualité de traducteur-réviseur. Il est de plus féru d'histoire.

Lecture supplementaire :

Death penalty costs California $184 million a year, Los Angeles Times, 20 juin 2011

Alcatraz Island (U.S. National Park Service)

Alcatraz History

50 ans apres, le mystere des evades d'Alcatrazdemeure – Yahoo le 13 juin 2012


MansonThe Life and Times of Charles Manson

Jeff Guin
Simon & Schuster; First Edition edition (August 6, 2013) 

 

 

D’une île à l’autre, à travers l’océan Atlantique

« Si vous parlez à un homme dans une langue qu'il comprend, cela va dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va dans son coeur."  Nelson Mandela ».

 

Dans un précédent article, j'ai raconté mon séjour dans la lointaine île de Sainte-Hélène, au milieu de l'Atlantique, où Napoléon a été exilé, il y a près de 200 ans. Vous pouvez lire l'article en cliquant sur ce lien. 

En rédigeant cet article, je me suis souvenu de ma visite, bien des années plus tard, dans une autre île (située dans le même océan) et qui est associée à une autre grande figure historique. Cet îlot, Robben Island, est situé à sept kilomètres au sud de la ville côtière du Cap (Afrique du Sud) et le personnage s'appelle Nelson Mandela, dirigeant de l'African National Congress (ANC), qui, pour avoir combattu la suprématie absolue des Blancs en Afrique du Sud, fut convaincu de trahison en 1963 et emprisonné à Robben Island pendant 27 ans.  

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Dans ma jeunesse, le chef de file de la lutte contre l'apartheid n'était pas Mandela, mais le Chef Albert Luthuli. À cette époque, j'ai assisté à une conférence donnée à Durban* par Luthuli qui dirigeait alors le « Congrès du Peuple », le précurseur de l'ANC.

Le Congrès avait adopté la « Charte de la Liberté » que Luthuli voulut bien me dédicacer à l'issue de sa conférence. La Charte déclare:

« Nous, peuple d'Afrique du Sud, faisons savoir à tout le pays et au monde: que l'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noirs et blancs, et qu'à moins d'être fondé sur la volonté du peuple, aucun gouvernement ne peut légitimement prétendre la régir… » 

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Mon exemplaire de la Charte de la liberté,
signé par le Chef Albert Luthuli

 

Luthuli devait recevoir le Prix Nobel de la Paix en 1960, tout comme Mandela, 33 ans plus tard.

Le poème Invictus avait à tel point inspiré Mandela qu’il l’aida à surmonter ses longues années de captivité à Robben Island.

Le titre latin signifie « invaincu, dont on ne triomphe pas, invincible » et se fonde sur la propre expérience de l'auteur puisque ce poème fut écrit en 1875 sur son lit d'hôpital, suite à une amputation du pied. À l’origine, ce poème ne possédait pas de titre, mais celui-ci fut ajouté plus tard par le critique littéraire anglais, Sir Arthur Quiller-Couch.

William Henley disait lui-même que ce poème était une démonstration de la résistance à la douleur dont il avait fait preuve à la suite de son amputation.

 

Anglais]

 Traduction libre

Out of the night that covers me,
    Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
    For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
    I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
    My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
    Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
    Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
    I am the captain of my soul.

 Depuis l'obscurité qui m'envahit,
 Noire comme le royaume de l'enfer,
 Je remercie les dieux quels qu'ils soient
 Pour mon âme indomptable.

 Dans l'étreinte féroce des circonstances,
 Je n'ai ni bronché ni pleuré
 Sous les coups de l'adversité.
 Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

 Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
 Ne se profile que l'horreur de la nuit.
 Et pourtant face à la grande menace
 Je me trouve et je reste sans peur.

 Peu importe combien le voyage sera dur,
 Et combien la liste des châtiments sera lourde,
 Je suis le maître de mon destin,
 Je suis le capitaine de mon âme.

 

Ces deux dernières lignes retentissantes ont fortement imprégné le langage littéraire anglais.

 


En 2000, je suis retourné faire un tour en Afrique du Sud et j'ai pris le bac du Cap à Robben Island. Une visite guidée m'a permis de voir la cellule où Mandela a passé sa longue captivité, avant d'être libéré en 1990 et de gagner, en 1993, le Prix Nobel de la Paix. Mandela est devenu Président de l'Afrique du Sud en 1994. 

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Pendant ce voyage, j'ai acheté un tapis de souris (dont je me sers en écrivant cet article) sur lequel figure une citation d'Ahmed Kathrada, un autre prisonnier de Robben Island qui devait devenir plus tard député de l'ANC au Parlement. La voici: 

 

Capture d’écran 2011-07-08 à 20.36.32 « Sans pour autant oublier la brutalité de l'apartheid, nous ne voulons pas que Robben Island devienne un monument à nos épreuves et à nos souffrances. Nous souhaiterions qu'elle soit un triomphe de l'esprit humain sur les forces du mal; un triomphe de la sagesse et de la largeur d'esprit sur la petitesse et la mesquinerie; un triomphe du courage et de la détermination sur la fragilité humaine et la faiblesse. » 

 

Si Mandela continue d'inspirer et d'être un symbole du remplacement du régime d'apartheid par celui de la « Nation Arc-en-ciel », de nombreux observateurs ont jugé son héritage décevant. Aujourd'hui, l'Afrique du Sud est ravagée par la violence, le SIDA et la corruption.   

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En outre, le gouvernement sud-africain est resté en étroites relations avec les régimes répressifs de Mugabe, au Zimbabwe, de Castro, à Cuba, et de Kadhafi, en Libye. 


En conclusion, je souhaite relever une analogie historique entre Robben Island et Sainte-Hélène: 70 ans avant que le régime des Blancs d'Afrique du Sud emprisonne ses opposants noirs à Robben Island, le régime colonial britannique qui gouvernait la province du Natal (désormais le KwaZulu-Natal) déporta à Sainte-Hélène un autre rebelle noir, Dinuzulu kaCetshwayo, Roi des zoulous.  

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Pour terminer sur une note linguistique, on peut opposer la démarche intellectuelle de Mandela à Robben Island à celle de Napoléon à Sainte-Hélène. Bonaparte fit de gros efforts pour apprendre l'anglais, la langue de son ennemi, mais avec apparemment peu de succès. Mandela, quant à lui, maîtrisait parfaitement l'anglais et l'afrikaans (les deux langues officielles de l'Afrique du Sud de l'apartheid, et donc les langues de ses oppresseurs). Pendant sa détention à Robben Island, Mandela étudia le droit par correspondance à l'Université d'Afrique du Sud (UNISA), un établissement de téléenseignement d'avant l'ère électronique. Ses épreuves et examens étaient expédiés sur la terre ferme par le bac puis jusqu'à l'université par le service postal, et les diplômes revenaient par l'itinéraire inverse. Il obtint un diplôme de droit de l'UNISA et, par la suite, un doctorat honoraire.  

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Pauvre Napoléon – Les Anglais ne lui offrirent pas les mêmes possibilités de s'instruire. 

 

Cet article a bénéficié de la traduction et des précieux conseils de 

Jean Leclercq. Jean a travaillé pendant 26 ans à l'Organisation mondiale de la Santé où il a exercé les fonctions de traducteur-réviseur. Il est également féru d'histoire. Sa participation au blog va donc bien au-delà de ses traductions et nous aide à maintenir la qualité de ce blog.

 

Sources:

 Nelson Mandela et sa vie de combattant de la liberté 

Robben Island – Wikipedia (en anglais) 

Robben Island – Wikipedia (en francais) 

Liste des prix et distinctions conférés à Nelson Mandela – Wikipedia

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* Durban est un port de l'Océan Indien où je suis né et qui est devenu une ville lorsque des colons britanniques s'y installèrent en 1824; ils lui donnèrent par la suite ce nom en souvenir de Sir Benjamin d'Urban, un patronyme anglais d'origine française (Urban ou Urbain, en Languedoc). 

Commentaires de lecteurs sur l’article “Napoléon apprend l’anglais à Sainte-Hélène; il y décède: mort naturelle ou assassinat?”

Relire l'article

Le Professeur Robert M. Genta, l'un des scientifiques qui a dirigé la recherche pluridisciplinaire sur la mort de Napoléon, dont les conclusions ont été publiées en 2011 :

Des histoires fascinantes, comme les cours d'anglais que Napoléon prenait lorsqu'il était prisonnier des Britanniques. Cette langue lui aurait probablement épargné bien des ennuis s'il l'avait apprise plus tôt…”

Jean Leclercq, traducteur et féru d'histoire :

À propos du décès de Napoléon à Sainte-Hélène et de sa cause probable, je crois que l'avis médical le plus autorisé est effectivement celui qu'exprime le professeur Lugli, et qu'il tient tout entier dans sa dernière phrase: « En conclusion, nous estimons que Napoléon est mort d'un cancer avancé de l'estomac, compliqué d'un saignement des voies digestives supérieures que l'on peut considérer comme la cause du décès. »

Néanmoins, cet avis ne contredit pas la thèse de l'empoisonnement à l'arsenic, laquelle naquit dès l'exhumation de 1840, au vu de l'excellent état de conservation du corps, en dépit d'un embaumement sommaire et d'un climat peu propice. D'ailleurs, il semble que le premier médecin britannique de Napoléon, Barry Edward O'Meara, ait soupçonné très tôt l'intoxication arsenicale, avant que le gouverneur Hudson Lowe ne le congédie en 1819.

Il est avéré qu'une provision d'arsenic était conservée à Plantation House pour lutter contre les myriades de rats qui infestaient les lieux. On sait aussi que ce poison était tenu sous clef par Charles de Montholon, à la fois secrétaire, confident et grand officier de bouche de l'empereur déchu. À ce titre, il détenait également la réserve de vin et goûtait tous les plats servis à la table de Napoléon. Ce dernier n'avait jamais bu plus d'un verre de vin par jour et toujours le même: du Gevrey-Chambertin. Comme la Bourgogne était trop loin, on faisait venir de très faibles quantités d'un certain vin du Cap, appelé vin de Constance, qui avait sensiblement le même goût. Napoléon avait donc un vin spécialement réservé à sa consommation. Ce qui, selon certains auteurs1 aurait permis à Montholon d'intoxiquer Napoléon à petit feu, afin de l'affaiblir et de hâter ainsi son rapatriement en Europe. Mais, au début de mai 1821, les médecins anglais et français s'étant consultés, décidèrent d'administrer au malade un « remède de cheval », une purge de dix grains de calomel dissous dans du sirop d'orgeat. Toujours selon la même thèse, le calomel réagissant avec l'arsenic en présence d'acide prussique aurait suscité la formation de cyanure de mercure mortel. Cette cause immédiate ne dément nullement l'existence sous-jacente d'un cancer. Du reste, l'ingestion de calomel à aussi forte dose dans un estomac lésé par un cancer ne pouvait qu'être fatale, avec ou sans arsenic.

N'ayant guère à s'occuper, les exilés de Sainte-Hélène tenaient des journaux intimes qui permettent de reconstituer leur vie à Longwood dans ses moindres détails. On sait ainsi que l'un des serviteurs de Napoléon, Cipriani, mourut subitement et sa maîtresse quatre jours après. Or, ils auraient dérobé et bu ensemble une bouteille du vin de Constance. On sait aussi que le général Bertrand et son épouse furent tous deux gravement incommodés après avoir bu une bouteille de ce même vin que Napoléon leur avait offerte. Donc, Napoléon est mort d'un cancer de l'estomac, mais cette pathologie n'exclut pas pour autant une intoxication arsenicale.

 

1 René Maury & François de Candé-Montholon. L'énigme Napoléon résolue. Albin Michel, Paris, 2000.  

L’île de Sainte-Hélène (seconde partie)

 

Les séjours à Sainte-Hélène du roi Dinuzulu, de l'empereur Napoléon et du blogeur Jonathan.

Isolée dans l'Atlantique Sud, la petite île de Sainte-Hélène (16 x 8 kilomètres), a une histoire intéressante, en raison de sa situation stratégique au carrefour des voies commerciales reliant l'Afrique du Sud et l'Asie à l'Europe, et aussi parce que, comme colonie britannique (désormais « territoire d'outremer », de même que les îles de l'Ascension et de Tristan da Cunha), elle servit à exiler des vaincus de l'Angleterre.

L'île fut découverte en 1502 par les Portugais qui lui donnèrent le nom de la mère de l'empereur Constantin. En 1657, le tyran anglais Oliver Cromwell octroya une charte à la Compagnie anglaise des Indes orientales l'autorisant à gouverner l'île. On dit qu'un autre Anglais célèbre, Sir Francis Drake, s'y arrêta lors du tour de monde qu'il accomplit de 1577 à 1580.   

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Oliver Cromwell                                  

  
Sir Francis Drake

Sainte-Hélène appartenait encore à cette compagnie lorsque son premier visiteur de marque, Napoléon Bonaparte, y débarqua en 1815, en qualité d' « hôte » du gouvernement britannique, après sa défaite à la bataille de Waterloo (Belgique).

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  Napoléon à Sainte-Hélène  


Une autre personne célèbre exilée à Sainte-Hélène fut Dinuzulu kaCethwayo, ce roi zoulou qui, de 1883 à 1884, mena la lutte armée contre les Britanniques dans cette partie de l'Afrique du Sud qui s'appelle aujourd'hui le Kwazulu-Natal.

La Grande-Bretagne, au summum de sa puissance à la tête de l'Empire britannique, combattit et défit les Boers (appelés par la suite Afrikaaners), ces colons néerlandais qui vivaient en Afrique australe, au cours de guerres qui durèrent de 1899 à 1902.  En 1900, les Britanniques installèrent à Saint-Hélène des camps de prisonniers où furent  envoyés quelque 6.000 soldats boers. En 1907, les Britanniques déportèrent 25 chefs zoulous rebelles à Sainte-Hélène.

Comme Dinuzulu, j'ai passé mon enfance au Kwazulu-Natal, sur la côte orientale d'Afrique. Dans les années 1960, je lui ai emboîté le pas à Sainte-Hélène, en m'embarquant à Durban, la ville portuaire d'où le roi zoulou était parti. Mon bateau doubla le cap de Bonne Espérance pour une traversée de trois semaines jusqu'en Angleterre.  Je tiens à préciser que je n'avais donné aux autorités aucun motif de m'exiler à Sainte-Hélène, et que mon séjour y fut entièrement volontaire.

Un autre visiteur qui y vint et en repartit de son plein gré fut Edmond Halley qui installa un observatoire à Sainte-Hélène en 1676 afin d'étudier le ciel austral. La comète de Halley lui doit son nom.     

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Dinuzulu kaCetshwayo      
(1868 –1913), Roi Zoulou 

  Jonathan Goldberg,
en visite sur Sainte-Hélène

 

Lorsque je suis allé à Sainte-Hélène, il n'y avait ni routes, ni voitures. Depuis lors, des routes ont été construites et la population actuelle de près de 5.000 habitants possède un nombre à peu près égal de véhicules. La télévision satellitaire y est arrivée en 1995 et l'on compte disposer d'un émetteur local en 2014. Il était prévu d'inaugurer un aéroport en 2012, mais les autorités britanniques en ont retardé le financement. Ce fut une grand déception pour les habitants qui espéraient que des liaisons aériennes avec l'Angleterre et le reste du monde modifieraient radicalement leur existence.

 Il est au moins un insulaire qui n'a pas besoin d'avions, c'est Jonathan la Tortue, âgée de 189 ans et toujours vaillante. C'est peut-être le plus vieil animal du monde ! 

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Jonathan la Tortue, née en 1832

Sources :

Napoleon Bonaparte, BBC History

St Helena Official Website

South African History Online

Dans le prochain épisode, je m'attache au séjour de Napoléon dans l'île et à la controverse entourant les circonstances dans lesquelles il y mourut. Vous pouvez lire cet article en cliquant sur ce lien.

Initials JJG Jonathan Goldberg