Nos cousins québécois sont ouverts à la néologie, et j'ai pu une fois de plus le constater, en septembre dernier, dans les rues de Montréal. Afin, semble-t-il, de favoriser la convivialité et le dialogue, et de prévenir la schizophrénie galopante engendrée par l'usage des téléphones portables, les services municipaux ont installé en différents points de la ville de Montréal des placottoirs, c'est-à-dire des éléments de mobilier urbain (fauteuils, bancs, balancelles et jardinières) qui permettent aux citadins de faire une pause et d'engager la conversation avec autrui.
|
Photo : Lucette FOURNIER |
Ce concept a reçu le nom de placottoir, dérivé de placoter qui, selon le Larousse, veut dire bavarder et que l'on peut rapprocher de l'espagnol platicar. Remarquons au passage que placotttoir, endroit où l'on placote, est formé comme trottoir, endroit où l'on trotte, ou fumoir, endroit où l'on fume. Le mot attendra probablement des décennies avant d'entrer (ou non) dans le dictionnaire de l'Académie française. Pourtant, dès lors qu'il est bien formé, un vocable devrait avoir ipso facto droit de cité. Sinon, la langue s'appauvrit.
Si vous voulez utiliser les placottoirs montréalais et recueillir quelques placotages, ce sera bientôt le moment. En effet, avec le réchauffement du climat, les placottoirs, remisés pour l’hiver dans les entrepôts de la Ville de Montréal, ne tarderont probablement pas à reprendre leur place en différents lieux et pour la plus grande joie des Montréalais.
|
|
| Notre fidèle contributeur, Jean Leclercq, assis sur un placottoir à Montréal |
Jean Leclercq
Lectures supplémentaires :
LES MOTS DES ESPACES PUBLICS
Typologies, enjeux, défis et vocabulaire
PROJECT FOR PUBLIC SPACES
PLacottoirs (A place to chat)
Comments
2 responses to “Placottoir, un néologisme de bon aloi !”
Ou le retour du village dans la ville. Pourvu que ça marche!
Ou le retour du village dans la ville. Pourvu que ça marche!