Le fooding est à la mode.
Il a désormais ses adeptes, ses produits, ses dictionnaires,
ses revues, et même ses restaurants.
Les gourmets d'aujourd'hui ont délaissé la nouvelle cuisine
et réinventent les plaisirs de la table. Raffinement et originalité, tout doit
concourir au bien-être des convives : saveurs, couleurs, odeurs, décor,
atmosphère, environnement sonore. L'art de la table conçu comme un art total.
Pour ces délicats épicuriens, soucieux du choix des mets, le
choix des mots semble au contraire de peu d'intérêt.
Ce terme sans goût, pseudo-anglicisme formé comme smoking,
forcing ou brushing, aurait été créé, selon ses inventeurs, par
l'association de food et de feeling (ce qui n'est d'ailleurs pas
perceptible dans le mot fooding lui-même…), afin de désigner ce qui est
à la fois un comportement et un marché.
Seul un goût immodéré du paradoxe peut conduire à recourir à
une autre langue pour évoquer une forme si typique de notre art de vivre et de
notre culture.
Les mots ne manquent pourtant pas en français : gastronomie,
art ou plaisir de la table, bonne chère, bien-manger, art culinaire…
Dîner aux chandelles ou déjeuner sur l'herbe, repas de
famille, en tête-à-tête ou entre amis, au restaurant ou chez soi, qu'elle soit
grande, bourgeoise, ou «branchée», la cuisine reste un des arts majeurs
pratiqués en France.
On peut sacrifier au goût du jour, faut-il pour autant en
perdre sa langue ?
Source: Commission générale de
terminologie et de néologie
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