Concevoir, écrire, traduire. Nous le faisons tous dans un seul et unique but : communiquer. Et pour qu'une communication existe, elle doit impérativement atteindre son interlocuteur, l'interpeller et être comprise.
Cette approche est au cœur des activités d'Éducaloi qui a pour principale mission d'informer la population du Québec sur ses droits et ses obligations. Ce n'est pas mission facile que de communiquer clairement des informations sur la loi et tout ce qui l'entoure. Mais c'est encore plus difficile d'intéresser et de sensibiliser le citoyen à un domaine plutôt hermétique, abstrait, souvent déconnecté de la vie de tous les jours et que l'on réserve traditionnellement aux experts.
Dans une société où l'accès à la justice est un enjeu de taille, où l'information se démocratise et où « nul n'est censé ignorer la loi », il s'avère plus que jamais nécessaire de communiquer le droit de manière à être lu et compris.
Communiquer le droit pour que le citoyen s'y intéresse et le comprenne nécessite assurément de se questionner. Quels sont ses intérêts ? Son contexte de vie ? Sa façon de s'informer ? Ses codes ? Ses référents ? Les réponses à ces questions sont primordiales dans une approche communicationnelle du droit.
Intéresser son interlocuteur
S'interroger sur les intérêts et le contexte de vie de son interlocuteur, c'est d'abord comprendre ce dont il a besoin. L'angle de la communication et le choix de l'information à transmettre se dessinent ainsi à travers l'interlocuteur. C'est d'ailleurs par ce processus qu'Éducaloi sensibilise et conscientise la population au droit. Il va sans dire que peu de gens ont un intérêt pour les questions de droit, jusqu'au moment où ils sont eux-mêmes confrontés à une situation juridique. S'ancrer sur les situations quotidiennes de vie pour y introduire le droit, plutôt que de présenter le droit tel que conçu par les experts, sans liens directs et concrets avec la vie des gens. Éliminer toute information superflue qui détournera l'attention de son interlocuteur de l'information dont il a réellement besoin fait également partie du processus de communication claire et efficace du droit. Par exemple, dans une communication destinée au grand public, les exceptions et les inclusions d'une situation juridique ne devraient pas faire ombrage à l'information principale. L'objectif est de développer des réflexes plutôt que des connaissances pointues. C'est une approche axée sur la prévention des problèmes juridiques et qui favorise la « saine gestion juridique » de notre vie.
Créer du sens
Choisir le mot approprié pour être compris demande aussi de se mettre dans la peau de son interlocuteur et de s'intéresser aux référents qu'il utilise pour comprendre le monde. Vulgariser et simplifier le droit s'avère ainsi un défi de taille dans lequel la validité juridique, la sémantique et l'accessibilité de la langue s'unissent pour créer un concept sensé dans l'esprit de l'interlocuteur.
Utiliser le mot « prescription » dans son sens juridique avec un interlocuteur pour qui ce mot fait référence à une ordonnance médicale crée nécessairement un obstacle majeur à la communication engagée. Tout comme le fait de présenter, dans la même logique abstraite que celle de la loi, une série de recours possibles, de critères, de délais, de procédures, d'exceptions, d'exclusions… Vulgariser et simplifier, c'est d'abord et avant tout créer du sens pour son interlocuteur. Et pour créer ce sens, il faut s'accrocher à ce qu'il connaît et comprend.
Une communication vivante
Le choix des canaux de communication adéquats pour transmettre l'information est essentiel au succès d'une communication juridique. Parce qu'un contenu d'information, aussi bien conçu et vulgarisé soit-il, n'existe que s'il est consulté. Et pour être consulté, il doit nécessairement utiliser les canaux et les supports de communication reconnus et utilisés par le public à qui il est destiné.
Nous nous entendons tous pour dire qu'il s'avèrerait complètement vain de tenter d'informer une personne non voyante qui s'exprime en français au moyen d'un contenu écrit en alphabet latin et en langue italienne. Alors, pourquoi expliquer le droit avec un langage juridique soutenu, archaïque, et au moyen de documents juridiques traditionnels qui sont peu accessibles et peu utilisés par les citoyens ?
Pour Éducaloi, le défi de transmettre de l'information juridique fiable, accessible et disponible est assumé par une équipe multidisciplinaire pour qui le citoyen occupe une place centrale dans l'ensemble de ses activités. Nous décortiquons les contextes quotidiens de vie pour y exposer les dimensions juridiques latentes, nous nous adaptons continuellement aux nouvelles plateformes de diffusion, nous cherchons sans relâche à simplifier le jargon juridique et à utiliser des mots qui font du sens pour l'interlocuteur, nous veillons avec rigueur à l'exactitude juridique de nos contenus vulgarisés, nous cherchons à comprendre ce qui est incompris et pourquoi… Pour résumer simplement, nous communiquons le droit pour être lus et compris !
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Claude Simard, |
Guillaume Rondeau, |
que nous remercions infiniment pour avoir bien voulu rédiger l'article ci-dessus à notre intention.
Comments
2 responses to “Écrire pour être lu et compris : et si l’interlocuteur était la clé ?”
Article clair et précis merci.
Brice Masseix, fondateur et dirigeant de https://www.masseixcommunication.com
Article clair et précis merci.
Brice Masseix, fondateur et dirigeant de https://www.masseixcommunication.com