Voici la première édition d’une série d’entretiens mensuels avec des traducteurs français <>anglais reconnus professionnellement. Afin d’offrir à nos lecteurs « deux entretiens pour le prix d’un », nous débutons cette série en vous présentant deux étoiles brillantes au firmament de la traduction, Cindy Hazelton, basée dans l’Ohio (dont la langue maternelle est l’anglais) et Marianne Reiner, basée en Californie (dont la langue maternelle est le français).
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Cindy Hazelton |
Marianne Reiner |
Cindy et Marianne sont chacune diplômées en droit et sont des traductrices expérimentées. Elles sont en plus associées en affaires dans la société TransConnect Translation http://www.tctranslation.com/
Vous trouverez à la fin de cet entretien un lien vers les CV de Cindy et Marianne.
Les questions sont posées par Jonathan Goldberg, votre bloggeur audacieux (lui-même traducteur professionnel).
J. Comment vous-êtes vous rencontrées?
C: J’étais chef de projet sur une grosse traduction pour les Nations Unies. Nous avions à traduire une décision judiciaire en français concernant le procès des Khmer Rouges. Alors que je cherchais des traducteurs anglais > français, une collègue recommanda Marianne. C’est à cette occasion que j’ai réalisé à quel point il était agréable de travailler avec elle.
M : J’avais entendu parler de Cindy par d’autres collègues et j’étais ravie quand elle m’a contactée. Après avoir survécu à un projet pareil, j’ai su que nous pourrions travailler ensemble.
J. Vous vivez chacune à un coin opposé des Etats-Unis ! Vous-êtes vous rencontrées en personne?
C & M: Oui. Après avoir échangé des courriels pendant un an, nous nous sommes convenues de nous rencontrer à New York, lors de la conférence de l’ATA. Nous avons alors discuté de la possibilité de former un partenariat en nous spécialisant dans les traductions juridiques et commerciales.
J. Pourquoi avez-vous décidé de créer ce partenariat?
C &M: Après avoir bien parlé lorsque nous étions à NYC, nous avons réalisé que nous avions en commun une passion pour le droit et la langue française, que nos parcours académiques étaient similaires et que nous partagions une éthique professionnelle. En plus de tout ceci, nous avons le même sens de l’humour, ce qui peut être bien utile dans une carrière qui peut être parfois stressante!
J. Quel est le but de votre partenariat?
C: Nous trouvons des clients directs ayant des besoins de traductions juridiques et commerciales en français et en anglais. Nous partageons nos listes de clients ainsi que les contacts que nous établissons. Et nous partageons également les frais de marketing.
M: Nous souhaitons devenir une référence en matière de traductions juridiques de grande qualité. Nous espérons aussi influencer d’autres collègues à collaborer les uns avec les autres. Travailler en équipe est un luxe dans notre milieu.
J. Comment allez-vous gérer chaque projet?
C &M: Nous nous occupons chacune des projets correspondant à notre langue de traduction. Une fois qu’un projet est traduit, nous nous chargeons chacune du travail de relecture de la traduction effectuée par l’autre. Nos tarifs comprennent la traduction, la relecture et les changements après coup si nécessaires.
J. Pourquoi préférez-vous travailler en tant que traductrices plutôt qu’en tant qu’avocates?
C: J’ai travaillé dans des cabinets juridiques pendant les vacances d’été entre deux semestres d’enseignement. Je ne me voyais pas assise à un bureau effectuant ce genre de travail pendant le restant de mes jours. J’aime la traduction juridique car cela associe mes deux amours : la langue française et le droit. J’aime également la diversité que chaque projet apporte.
M: Ce qui m’a attirée dans le droit ce sont ses aspects moins connus ou auxquels nous prêtons moins attention mais qui sont tout de même essentiels pour gagner une affaire. Un de ces aspects est la traduction, que je considère comme un élément essentiel du contentieux international. C’est ce créneau du droit qui m’a séduite.
J. La différence dans les fuseaux horaires est-elle un problème?
M: Au contraire ! C’est notre force. Comme nous l’indiquons sur notre site, à nous deux, nous couvrons tous les fuseaux horaires de la partie continentale des Etats-Unis, donc l’une d’entre nous est toujours disponible pour répondre à nos clients. Cindy travaille sur ses propres travaux tôt le matin, et lorsque je suis en ligne, nous commençons à communiquer.
C: Et lorsque ma journée se termine, Marianne travaille encore pendant plusieurs heures. Et avec nos Blackberries, nous sommes toujours en mesure de communiquer l’une avec l’autre. Nous respectons les contraintes horaires de l’autre mais nous sommes également flexibles lorsque cela est nécessaire.
J. Voyagez-vous en France pour trouver des clients?
C: Absolument! C’est un des avantages de ce métier !
M: Oui, une fois par an. Mais nous avons aussi de nombreux clients ici aux Etats-Unis.
J. Travaillez-vous à d’autres types de traduction?
C: Oui, j’ai traduit un livre sur la littérature créole. J’ai également traduit des publicités pour la télévision ainsi que du matériel marketing pour de la nourriture holistique pour animaux. Contrairement à une idée reçue, la traduction n’est pas un métier dans lequel on s’embête. Je ne peux pas imaginer un métier plus intéressant.
M: Oui, tout à fait. Parmi de nombreux autres projets, j’ai traduit un livre traitant de l’affaire d’un innocent qui fut condamné à mort et exécuté au Texas. L’ouvrage sera publié aux éditions Allia et sortira le 15 septembre 2010.
J. Où-vous voyez-vous dans 5 ans?
C & M: Nous nous voyons ayant du travail régulier provenant de clients directs basés en France et aux Etats-Unis.
Voir les bios de Cindy Hazelton et de Marianne Reiner