Nous venons de publier sur le blog le premier d’une série d’articles sur les Jeux olympiques à l’occasion de ceux qui s’ouvriront à Londres le 27 juillet. Cet article écrit par notre collaboratrice Françoise de la Plume de Dussert, y rendait compte des efforts du Français Pierre de Coubertin pour recréer les jeux antiques qui se tenaient à Olympie et dont la pratique s’était étendue à d’autres cités du monde hellénique. Françoise a bien voulu y ajouter un « gros plan » sur les hauts-faits de deux étudiants britanniques aux Jeux Olympiques de 1924. Pour, Eric Liddell (1902 – 1945) et Harold Abrahams (1899 – 1978), athlètes exceptionnellement doués mais que leur culture et religion confrontèrent à des conflits intimes qui en font les dignes héros du film Les Chariots de feu.
Les Jeux olympiques de 1924 furent les derniers sous la Présidence de Coubertin et se déroulèrent en son honneur à paris. Le film Les Chariots de feu y a son point culminant et ne dément en rien les espoirs de Coubertin.
Si, pour les besoins de la cause, le film dramatise les obstacles (bien réels) que durent surmonter ses deux sprinters de héros, il en résulte une illustration d’autant plus brillante de l’idéal olympique. Selon Coubertin le sport devait permettre la réalisation la plus noble et la plus complète de l’individu. Liddell et Abrahams en font la démonstration sans réplique.
Pour Liddell, courir le dimanche, jour du Seigneur, sanctifié dans certaines églises protestantes avec autant de rigueur que dans le Judaïsme, était et avait toujours été hors de question. Ce refus, même avec une médaille olympique à la clé lui valut l’animosité d’une partie de la presse (et du public qui ne comprenaient pas que Dieu passât avant l’honneur national). Situation d’autant plus difficile qu’on savait dès janvier que les éliminatoires du 100 mètres auraient lieu un dimanche et que son refus d’y participer eut des échos jusqu’à la Chambre des communes. Cependant ce délai permit à Liddell de s’entrainer pour l’épreuve du 400 mètres … et de la remporter en brisant le record du monde, tout outsider qu’il fût.
Homme d’église, il partit en mission en Chine et devait mourir dans un camp de concentration japonais, non sans avoir fait tout son possible pour y soulager la misère de ses semblables, y compris en arbitrant des matchs de foot, même le dimanche.
En 1924, la défection aux 100 mètres de Liddell (dont c’était la spécialité) améliorait d’autant les chances d’Abrahams. S’il eut à souffrir de l’antisémitisme, Harold Abrahams n’en était déjà pas moins un athlète prestigieux avant sa victoire olympique, que ni sa public school ni son université (Cambridge) ne rechignaient à mettre en lisse dans leurs rencontres. « Il y avait de l’antisémitisme à l’université à mes débuts comme athlète de Cambridge. Mais je crois que mon attitude n’arrangeait rien. » Il était assez populaire pour être élu président du Cambridge Athletic Club en 1922.
Après sa remarquable victoire, en digne produit du système éducatif tant admiré par Coubertin, il rejoignit comme il se doit les élites de son pays. Il fut commentateur sportif pour la BBC, un pionnier et un virtuose du commentaire en direct, et qui, non sans faire à son tour l’objet d’une vive polémique, se rendit à Berlin en 1936. Son commentaire sans retenue de la victoire du Néo-Zélandais James Lovelock au 1500 mètres est resté dans les annales.