La méduse mythologique au secours de la police routière

La Ville de Paris va tester les radars antibruit Méduse
LeLynx.fr, 13.07.20

« La mairie de Paris s’est porté candidate pour expérimenter les radars Méduse, qui permettent de contrôler et verbaliser les deux-roues générant trop de nuisances sonores. Les capteurs sont dénommés « Méduse » en raison de leur forme. »

  La meduse Bruitparif  

 

Le terme méduse est un nom vernaculaire qui désigne les formes libres de nombreux groupes marins de cnidaires. Les cnidaires existent depuis des centaines de millions d'années. Ils se caractérisent par la présence de cellules urticantes, appelées cnidocytes, qui libèrent leur venin au moindre contact. Les méduses sont généralement des prédatrices qui paralysent leurs proies. Certaines peuvent être mortelles pour l'Homme.

En apparence, ces animaux gélatineux sont très frustes. Ils sont dépourvus de squelette, de cerveau et de poumon mais, en réalité, leur structure est complexe, pouvant posséder des structures sensorielles très élaborées comme des ocelles, rassemblées au sein de rhopalies. D'ou la capacité de la Méduse artificielle de capter les motocyclettes parisiennes.

Aperçu historique :

Medusa-marble-sculptureMéduse (en grec ancien : Μέδουσα, en anglais Medusa), appelée aussi la Gorgone (Gorgo), est dans la mythologie grecque l’une des trois Gorgones (avec ses sœurs Euryale et Sthéno).  Elle est la seule à être mortelle. Fille de Phorcys et Céto, et donc petite-fille de l'union de la Terre (Gaïa) avec l'Océan (Pontos),  elle appartient au groupe des divinités primordiales, tout comme ses cousines, la Chimère et l’Hydre de Lerne, qui, elles aussi, avaient des traits associés à l'image du serpent et ont été détruites par des héros. Même si elle figure au fronton de plusieurs temples, elle ne faisait l'objet d'aucun culte. (Wikipedia)

La Méduse est une frégate française qui fait naufrage le 2 juillet 1816 au large des côtes de l'actuelle Meduse Mauritanie, entraînant la mort de 160 personnes. Ce naufrage cause un scandale retentissant en France au début de la Restauration. Il est illustré par un tableau célèbre de Théodore Géricault expose en 1819 : Le Radeau de la Méduse

Aperçu linguistique :

Il faut distinguer la méduse (medusa en espagnol, portugais et italien, mais jellyfish, blue bottle en anglais dans le contexte marin) de la Galère portugaise (encore appelée Physalie ou « vessie de mer », Portuguese man-'f-war en anglais [1]), une espèce de siphonophore marin, (physalia physalis en latin).[2]

Jellyfish Galere portugais
Méduse Galère portugaise

Aperçu littéraire :

Le mythe de Méduse a été abondamment repris dans la littérature. « De Dante et Pétrarque à Shelley, en passant par Goethe, la figure de Méduse incarne pour les poètes de toutes les époques l’ambivalence du regard féminin, qui attire et ensorcelle, séduit et condamne. Pour Pétrarque, Méduse est sa muse Laura lorsqu’elle détourne le poète du sacré et l’incite à rendre hommage à la beauté charnelle. Pour Goethe, c’est le visage trompeur de l’amour, et l’illusion à laquelle ont recours les femmes pour piéger les hommes dans leurs filets.» [3] 

Les poètes romantiques ont été fascinés par le mythe de Méduse, notamment par le thème de la beauté qui se dégage de l'horreur.

La Méduse de Léonard de Vinci
Méduse est une œuvre de jeunesse de Léonard de Vinci. il en aurait existé deux versions, dont aucune ne nous est parvenue.

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[1] Portuguese Man-of-War
     National Geographic

[2] WHAT’S THE DIFFERENCE? JELLYFISH VS. MAN O’ WAR
     National Marine Sanctuary Foundation – April 8,2020

[3] Source : Laurence Roussillon-Constanty, Méduse au miroir : esthétique romantique de Dante Gabriel Rossetti, Grenoble, Ellug, 2008, p. 31.

Jonathan Goldberg