Ada Leverson, l’amie d’Oscar Wilde : « Oscar est aussi bien connu que la Banque d’Angleterre, mais un tantinet moins solvable. »
Quand l’auteur et dramaturge britannique George Bernard Shaw (qui a remporté le prix Nobel de littérature en 1925) envoie à Winston Churchill (qui a remporté le prix Nobel de littérature en 1953) des billets pour la première de sa pièce de théâtre Pygmalion, le dramaturge écrit : « Venez avec un ami. Si vous en avez encore. » Churchill répondit « Impossible d’assister à la première, mais je serai là pour la seconde représentation – s’il y en a une. »
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| George Bernard Shaw
(1865-1950) |
Sir Winston Leonard Spencer Churchill (1874-1965) |
Le 18 mai 1922, un souper fin a lieu au Majestic, le palace moderniste de l’avenue Kléber, Paris, pour fêter la première du ballet Le Renard d’Igor Stravinski interprété par les Ballets russes de Diaghilev avec une chorégraphie de Nijinska, la sœur de Nijinski. La soirée est donnée par un couple d’Anglais, Violet et Sydney Schiff, grands amateurs d’art, de musique et de littérature, et organisée par le célèbre impresario des Ballets russes Diaghilev, lui-même invité d’honneur. Une quarantaine de personnes sont invitées: des femmes du monde (la princesse Edmond de Polignac qui avait commandité le ballet à Stravinski), le demi-monde des émigrés russes – danseurs, musiciens, peintres, Stravinski bien sûr et Pablo Picasso, très investi dans la création des décors des ballets russes, bref le tout-Paris. Cette soirée si soigneusement élaborée reste pourtant très tendue. Amis et ennemis se toisent. Picasso s’ennuie. Diaghilev et Stravinski, bien que collaborateurs artistiques, entretiennent un rapport antagoniste depuis des années. L’imprésario est aussi enragé de la présence de Nijinska car elle lui rappelle Nijinski son ancien amant qui l’a laissé tomber pour se marier. Alors qu’on sert le café, James Joyce arrive l’air minable en titubant. Les Schiff ont sans doute du mal à cacher leur angoisse : l’ami intime, Marcel Proust, qu’ils ont personnellement invité viendra-t-il ? Celui-ci arrivera finalement vers deux heures trente du matin, élégamment vêtu ; malgré sa maladie, il ne peut laisser passer une telle occasion de se mêler au tout-Paris. La soirée est en effet l’apogée mondaine de la dernière année de sa vie.![]() |
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| Stravinsky | Picasso | Joyce |
Professeure Nicole Dufresne, recension du livre « Proust at the Majestic ».
A Talk Consisting Solely of the Word « No »: Joyce Meets Proust
Elisabeth Ladenson, James Joyce Quarterly
Vol. 31, No. 3, Joyce and Homosexuality (Spring, 1994), pp. 147-158
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