Nos fidèles lecteurs savent que le 4 juillet est le Jour de l'Indépendance des États-Unis d'Amérique; ils n'ignorent pas non plus que John Adams et Thomas Jefferson, respectivement deuxième et troisième présidents de l'Union, sont tous deux décédés le 4 juillet 1826, 50ème anniversaire de l'adoption de la Déclaration d'Indépendance de Jefferson.
John Adams & Thomas Jefferson
Nous sommes sûrs que que nos lecteurs - et tout particulièrement ceux qui lisent LMJ quotidiennement depuis ses débuts – c'est-à-dire depuis cinq ans – doivent avoir été choqués, bouleversés, voire anéantis, en constatant que chaque 4 juillet passait sans qu'il soit fait mention de ce grand événement historique dans le blog. Il nous a donc semblé que nous leur devions des explications. En fait, LMJ prévoit de traiter de cet événement dans son édition du 4 juillet 2026, 200ème anniversaire du décès de deux pères fondateurs. Vos bloggeurs ont le ferme espoir de rester suffisamment jeunes et fringants pour faire en sorte que le blog soit ce jour-là aussi intéressant et dynamique qu'il l'est aujourd'hui, et que les milliers de lecteurs actuels se compteront alors en millions.
Aussi, chers lecteurs, s'il vous plaît, prenez patience. Dans moins de onze ans, nous promettons de récompenser largement votre patience et votre fidélité.
Jean L. & Jonathan G.
The Fourth of July – The Hand of Providence. 3 minutes
Nous sommes heureux de retrouver Madeleine BOVA, notre collaboratrice et correspondante fidèle en Italie, que a redigé l'article suivant.
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L'acteur anglais Christopher Lee est récemment décédé à l'âge de 93 ans. Pendant sa longue carrière, il a joué dans 280 films et interprété le rôle du parfait vampire à douze reprises au moins. De Dracula au Seigneur des anneaux, il a été tour à tour monstre, détective, cardinal et aventurier.
Par un singulier jeu de coïncidences, les liens du sang ont marqué le destin de Sir Chistopher Lee Carandini, mieux connu, par antonomase [1], sous le nom de comte Dracula, ce Seigneur des ténèbres qui apparaissait vêtu de sa célèbre cape noire et entouré d'un essaim de chauve-souris, selon un rituel immuable.
Son père était un officier de l'armée britannique et sa mère une grande beauté italienne : Estelle Marie Carandini des marquis de Sarzano. Le château de Sarzano a appartenu à Mathilde de Canossa depuis l'an 1000 environ, et faisait partie de l'énorme fortune de Mathilde, princesse lombarde , reine de Lotharingie, qui contraignit l'empereur Henri IV d'Allemagne à attendre trois jours et trois nuits avant d'être autorisé à pénétrer dans son château de Canossa pour y être absous de l'excommunication dont l'avait frappé le pape Grégoire VII.Encore aujourd'hui, « aller à Canossa » signifie s'humilier solennellement. En 1872, Bismark employa l'expression à propos des relations de l'Allemagne et du Vatican : Nach Canossa gehen wir nicht (Nous n'irons pas à Canossa).
Par sa mère, Sir Christopher Lee Carandini appartenait à la « noblesse noire » de Modène et l'on pourrait ainsi croire que cette ascendance le portait à l'ésotérisme, à l'occultisme, voire à la magie noire. Mais, il n'en est rien. En effet, l'aristocratie « noire » de la riche ville de Modène était celle restée fidèle à la papauté après le 20 juin 1870 (prise de Rome après les combats de la Porte Pia et fin des États pontificaux) et qui avait conservé des charges importantes dans l'administration pontificale. Les titulaires de ces charges revêtaient le sévère uniforme rigoureusement noir, dit « à l'espagnole », qui datait duXVIe siècle et fut porté jusqu'àl'abolition de la courpontificale par le pape Paul VI, en 1968. Donc, la « noblesse noire » n'avait de noir que l'habit !
< Des dignitaires vaticans en grand uniforme. Le pourpoint noir et la fraise sont à l'honneur !
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La ville de Modène
[1] Trope qui consiste à désigner un individu par le nom du personnage qu'il nous rappelle : un harpagon pour un avare, la Dame de fer, pour Madame Thatcher.
Les Chinois veulent apprendre l'anglais et serrer les liens avec les États-Unis dans le domaine des livres
Rencontre avec 5 millions d’élèves qui s’affrontent pour être la star anglophone de Chine
Le concours d’épellation Scripps National Spelling Bee a eu lieu la semaine du 25 mai aux États-Unis. Même si bien des gens surveillent avec passion l’issue de ce concours qui se déroule au Maryland, à l’autre bout du monde en Chine, des élèves de Beijing s’affrontent pour obtenir un autre titre, celui du meilleur locuteur anglais de Chine.
Des centaines d’élèves du premier cycle du primaire et du secondaire (équivalant à collège et lycée en France) se sont rassemblés dans un établissement situé à une heure de Beijing dans l’espoir de se qualifier pour les championnats nationaux qui auront lieu cet été. Ils rivalisent avec 5 millions d’autres élèves chinois.
Se qualifier pour les épreuves finales nationales, lesquelles se déroulent devant un large public et sont diffusées à la télévision, est une tâche presque herculéenne, qui exige de participer à de nombreuses rondes épuisantes qui durent plusieurs journées. Mais la victoire apporte la célébrité, l’admission à un établissement d’enseignement de qualité et un avenir radieux selon une ancienne finaliste, Michelle Cui.
Jack est un enfant typique parmi les enfants de Beijing présents à ce concours. Ils ont vécu à l’étranger, ont beaucoup voyagé; ils font partie d’une classe moyenne supérieure grandissante. Jack a vécu à Washington D.C. alors qu’il était jeune enfant. Sa mère travaillait à l’ambassade chinoise.
Il a étudié l’anglais à un très jeune âge, m’explique sa mère. L’âge idéal est de deux ou trois ans, me dit-elle, au même âge que les locuteurs de langue maternelle apprennent leur langue.
« Je veux qu’il devienne un ambassadeur entre les deux pays et dans le monde entier. »
Les concurrents avaient droit à une minute pour impressionner les juges. En plus de la partie du concours dans laquelle les enfants prononcent des discours, il existe une autre partie où les enfants démontrent d'autres talents: il y a des chansons, des numéros de magie, des chansons jouées à la flûte, de la danse salsa, des experts du cube Rubik et même un hockeyeur en patin. Le samedi, à l’heure du repas du soir, l’une des juges, Hester Veldman, avait l’air épuisée.
« J’ai vu 450 concurrents aujourd’hui. J’ai écouté la chanson de Frozen [1] environ 300 fois », dit-elle.
Il y a des enfants comme Xing Wang, qui préfèrent se faire appeler Harry.
Harry est petit et porte des lunettes. Il a l’air d’avoir 11 ans, mais en réalité il a 13 ans. Il compense sa petite taille par une grande confiance en lui. Harry n’a jamais vécu à l’étranger. Ses parents ne parlent pas anglais; ils ont quitté la Mongolie intérieure pour s’établir à Beijing il y a cinq ans. Harry a commencé à apprendre l’anglais en troisième année du primaire, ce qui est relativement tard, puisque les élèves de Beijing apprennent l’anglais dès la première année du primaire. Même si l’anglais d’Harry n’est pas parfait, Harry bouillonne d’idées. Il me tire par la manche tellement il a hâte de me dire ce qu’il a préparé pour la partie « talent », ce qu’il finit par faire.
« Aujourd’hui, je vais étudier une partie du discours d’Obama. Son discours qu’il a dit à Chicago. Peut-être que c’était la première fois qu’il était président », m’explique-t-il.
Harry prononce le discours d’Obama et reçoit des applaudissements nourris. Un juge lui lance, « tu devrais te présenter comme président ». Harry s’incline et quitte la scène en courant. Il est radieux. Je lui chuchote une question :
Harry a appris qu’il avait réussi les demi-finales et la finale de Beijing. Il participera aux demi-finales nationales, la dernière étape avant le grand concours télévisé.
Plus tard on voit Harry endormi au fond de la salle.
La Chine est en vedette à la BookExpo America (BEA) 2015 NEW YORK
Cet évènement majeur du monde de l’édition s’est amorcé récemment au Javits Center de New York. La Chine y expose près de 10 000 titres publiés par quelque 150 maisons d’édition.
Des bannières et des affiches faisant la promotion de livres dont le thème est la Chine ou écrits par des auteurs chinois, une cérémonie d’ouverture archibondée où des discours simples ont tout de même suscité une grande couverture médiatique, des jeunes filles vêtues de costumes traditionnels démontrant l’art de servir le thé ou la calligraphie… Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Pavillon de la Chine, tout suggère une présence forte et fière d’une puissance émergente du monde de l’édition, laquelle est l’invitée d’honneur du BEA Global Market Forum pour la toute première fois.
Occupant une superficie de quelque 2 300 mètres carrés, le pavillon de la Chine expose un large éventail de publications chinoises sur la politique, l'économie, l'histoire, l'art et la culture, de même que sur le patrimoine des minorités ethniques.
Après Francfort en 2009 et 2012 à Londres, il s’agit de la troisième fois seulement que la Chine est l’invitée d’honneur d’un prestigieux salon du livre d’un pays occidental, a déclaré le ministre adjoint de l’administration générale de la presse, de l’édition, de la radiodiffusion du cinéma et de la télévision, Wu Shangzhi, durant une allocution prononcée au cours de la cérémonie d’ouverture.
Ce salon constitue également le plus grand échange entre les professionnels de l’édition de la Chine et des États-Unis depuis que les deux pays ont rétabli des relations diplomatiques en 1979, a-t-il ajouté.
« Nous espérons que cet événement de trois jours pourra renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de l'édition et de la traduction, et donner un nouvel élan aux relations bilatérales et aux échanges et à l'amitié entre les peuples", a indiqué M. Wu, qui est à la tête d'une délégation chinoise composée de près de 500 membres.
Le programme de la Chine « est certainement un point fort du salon cette année », a indiqué le président et directeur général de l'Association des éditeurs américains Tom Allen, les éditeurs américains étant impatients de tenir des conversations professionnelles avec leurs homologues chinois. « Il y a de grandes possibilités de coopération entre nos deux pays. Nous attendons avec impatience cet échange fructueux d'idées ».
Des romans du lauréat du prix Nobel de littérature Mo Yan et du maître de la science-fiction Liu Cixin sont offerts au salon. Cependant, il n’y a environ que 2000 titres traduits en anglais dans tout le salon.
Le manque de traduction empêche l’importation de livres chinois sur le marché américain, ont expliqué des représentants d’éditeurs américains. Les livres traduits du chinois qui traitent des enjeux de ce pays sont populaires sur le marché américain, mais le segment de marché de la littérature chinoise est le parent pauvre de l’édition.
Traduire des œuvres littéraires chinoises dans un anglais correct constitue une mission extrêmement difficile, explique le directeur du marketing de CN Times Books, Paul Mytovich. Sa maison d’édition se spécialise dans la publication d’ouvrages d’histoire, de philosophie, de culture et d’actualité chinoise et publie également des traductions de livres d’abord publiés par la société mère de CN Times Books, Beijing Mediatime Books, et par d’autres éditeurs chinois.
Source: China in spotlight as BookExpo America 2015 begins CCTV.com