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Chronique de la Guerre de Cent ans (troisième partie)

Voici la troisième partie de cet article, écrit spécialement pour ce blog par l’historienne Danielle Bertrand. Cliquez sur les liens pour voir la première et deuxième parties.

Il est temps d’aborder la guerre proprement dite, et cette chronique est consacrée à la première phase du conflit, de 1337 à 1380, caractérisée par le redressement de la France après une série de « désastres ».

 La France se sentait forte économiquement, son armée était nombreuse et son prestige considérable. Elle avait quelque peu négligé l’aspect diplomatique et ne pouvait compter que sur la Castille.

Mais Edouard III avait une armée plus moderne, s’inspirant des méthodes de combat des Gallois et des Ecossais contre lesquels il avait dû lutter. Surtout il avait su s’assurer des alliés et l’Empereur Louis de Bavière, excommunié par la Pape d’Avignon, avait reconnu ses droits à la couronne de France. Certes le soutien militaire des Princes d’Empire fut quasiment nul, mais Edouard pouvait compter sur le soutien des marchands de Flandre menés par un des leurs, Jean Artevelde et il était venu se faire reconnaître Roi de France à Gand. Avec la Bretagne, où un corps anglais débarqua en 1342 à l’occasion d’un conflit de succession, il disposait de trois têtes de pont en territoire français.

 

 

 

 

  Edward_III_of_England_-_Illustration_from_Cassell's_History_of_England_-_Century_Edition_-_published_circa_1902

 


La flotte anglaise avait acquis en 1340 la maîtrise de la Manche en détruisant la flotte française appuyée d’unités castillanes (Bataille de l’Écluse). De nombreux combats entrecoupés  de trêves épuisaient les deux pays sans grand résultat.

En 1346 la bataille de Crécy fut un désastre pour la France: les chevaliers français, fatigués, lourdement harnachés, indisciplinés et méprisant la « piétaille », furent «  défaits » par une armée anglaise reposée, appliquant une bonne stratégie, et dont les archers semèrent la panique. Philippe VI réussit de justesse à s’enfuir, tandis qu’Edouard mettait le siège devant Calais, dont les bourgeois, venus « en chemise la corde au cou  » remettre les clefs de la ville, ne furent sauvés que par les supplications de « la noble Reine d’Angleterre ». Après la trêve de Calais, Edouard III regagna son royaume atteint en 1348 par une épidémie de peste noire qui avait déjà ravagé la France et dont Philippe VI mourut en 1350.

 

  Battle_of_crecy_froissart

Le successeur de ce dernier, Jean Le Bon, s’engagea de façon imprudente dans un conflit avec le Roi de Navarre, par ailleurs prince français, surnommé de Charles le Mauvais, qui revendiquait la couronne. Ce conflit coûta cher et contraignit le Roi à des expédients ; un « remuement »   fit perdre à la monnaie  70% de sa valeur. Pendant ce temps, l’armée Anglaise pillait la Bretagne, et des combats avaient lieu en Guyenne…..…La trêve n’était donc que relative. Le fils d’Edouard III, le Prince de Galles,  plus connu sous le nom de Prince Noir, infligea à Poitiers en 1350 un second Crécy  aux Français qui ne semblaient pas avoir tiré la leçon du premier.

 

 Prince_noir

Jean Le Bon se rendit et fut emmené en captivité à Londres. Son fils aîné Charles qui assurait « l’intérim   » fut confronté aux ambitions de Charles le Mauvais, au désastre financier, à la révolte des Parisiens (février 1358), menés par le Prévôt des marchands Etienne Marcel, et aux désordres provoqués dans les campagnes par les « Jacques ». Il parvint tout de même à récupérer sa capitale après l’assassinat d’Etienne Marcel qui s’était allié à Charles le Mauvais et avait ouvert Paris aux Anglais, provoquant ainsi un sursaut de patriotisme !


Jean Le Bon entretemps avait préparé une paix qui ne fut signée qu’après moult péripéties, le Traité de Brétigny (mai, 1360). La France s’engageait à payer une forte rançon et cédait de vastes territoires pour constituer une « grande Aquitaine anglaise », s’étendant du Sud de la Loire aux Pyrénées et à l’est aux confins du Massif Central. Il était convenu que par acte séparé le Roi de France renoncerait à sa suzeraineté sur l’Aquitaine en échange de la renonciation par le Roi d’Angleterre à ses droits à la couronne de France.

Ce traité devint vite caduc, la France étant dans l’incapacité de payer la rançon….  Jean Le Bon  qui avait le sens de l’honneur, reprit le chemin de Londres où il mourut en août 1364.

Avec le règne de Charles V, dit Charles le sage, qui avait déjà une solide expérience du pouvoir commença le redressement de la France.Ce souverain sut s’entourer de bons conseillers, encouragea les intellectuels, prit de bonnes décisions dans le domaine financier, et avec l’aide de Bertrand Du Guesclin remit de l’ordre dans le Royaume.

  418px-Charles_V_le_Sage

Il parvint à mettre au pas Charles Le Mauvais, obtint que les garnisons anglaises soient chassées de Bretagne, et Du Guesclin « réembaucha »les mercenaires, au chômage technique depuis Brétigny, et qui organisés en « Grandes Compagnies », semaient la terreur dans les campagnes, dans une guerre de succession en Espagne qui assura à nouveau l’alliance de la Castille.

Il travailla aussi à redonner des ressources à l’état en inventant la gabelle, impôt sur le sel dont il fallait obligatoirement acheter une certaine quantité. Ses efforts pour rétablir une monnaie stable  furent cependant annulés par les effets de la « loi » bien connue selon laquelle « la mauvaise monnaie chasse la bonne ».

Il se prépara aussi à la reprise de la guerre : remise en état des forteresses, nouvelles armes (arcs et artillerie) troupes permanentes  dont la solde était payée régulièrement, ce qui limitait le pillage, recherche d’alliances avec l’Ecosse, la Castille et la Flandre qui avait par le passé soutenu l’Angleterre.

Il ne lui manquait que le prétexte pour reprendre la lutte. À l’occasion en 1368 du refus du Comte d’Armagnac de payer un impôt à son suzerain, le Prince de Galles, et après que le Comte se soit adressé au Roi de France comme « à son Seigneur souverain de tout le duché de Guyenne », Charles V confisqua le fief, et la  guerre recommença…….

J’épargne au lecteur le détail des combats qui se déroulèrent dans le Sud ouest et le Nord de la France pour n’en retenir que le résultat.

En 1380 la présence anglaise sur le territoire français s’est réduite comme une peau de chagrin : un petit territoire au sud de Bordeaux, une « poche » autour de Dax et Bayonne, les ports de Calais, Brest et Cherbourg.

En 1380, la France semble tirée d’affaire, mais l’avenir est incertain. Les protagonistes de cette phase du conflit sont morts : Le Prince Noir et Edouard III en 1377, Du Guesclin et Charles V en 1380.

Les deux pays sont épuisés financièrement par la guerre et affaiblis par des crises économiques et des troubles sociaux. Dans les deux pays la présence de souverains mineurs (Charles VI a douze ans et Richard II en a dix !) ouvre la voie aux rivalités de leur entourage.

 

Shakespeare goes to Paris

How the Bard Conquered France

By John Pemble 

(Hardcover – 2005)

Shakespeare

de la plume de Dussert.

 

Notre critique invitée est  une traductrice professionnelle,  diplômée en littérature française, née en France, vivant en  Angleterre  depuis de longues années.  Imprégnée des deux cultures, elle  est adepte du grand écart linguistique.

 
 

Variations sur Shakespeare Goes to Paris par John Pemble ou l’esprit français à l’épreuve du génie anglais.

Dans un livre qui par le prisme de Shakespeare expose la complexité des relations entre ces deux peuples, John Pemble nous renseigne ainsi sur leurs cultures, leur civilisation, leurs préjugés. Il met en scène, fort à propos, la confrontation de deux démarches intellectuelles fondamentalement différentes

Les Français se targuent d’universalisme, ce qui s’est longtemps exprimé par une ouverture aux littératures étrangères qui aujourd’hui encore au Royaume Uni vous fait passer pour cultivé si vous avez lu des auteurs étrangers. Cet universalisme, cette conviction que la raison, le bon sens est « la chose du monde la mieux partagée » ils les doivent aux beaux esprits des Lumières. Et pourtant ! leur ouverture aux idées d’autrui, leur désir d’absorber les richesses offertes par l’art d’un autre peuple, cela n’est pas venu sans peine.

 

Voltaire  

 

Voltaire, grand admirateur de l’Angleterre où il vécut en exil ayant jeune homme manqué de la souplesse d’échine nécessaire pour faire son chemin dans le monde en tira un livre où il vante ses nombreux mérites. Et c’est peut-être à la morgue aristocratique des Rohan que les Français doivent leur première rencontre avec un des titans de la littérature… Si je puis me permettre de prendre un siècle d’avance et d’avoir pour Shakespeare les yeux des romantiques (et les mots de Corneille). Car Voltaire, tout gagné qu’il fût à la civilisation Britannique, resta péremptoire sur l’absence de « la moindre étincelle de bon goût » dans « ses farces monstrueuses ». Ah ! le style, qui selon Buffon faisait l’homme, la forme, le beau, le noble… Combien tout cela compte pour les Français.

Et Pemble de rappeler qu’en France le théâtre de l’époque restait soumis à la règle des trois unités et s’exprimait en alexandrins classiques césurés à l’hémistiche comme l’illustre, tant dans le fond que dans la forme l’édit de Boileau :

Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli

Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.

Cette formule avait bien mérité du théâtre classique français ; elle avait fait la gloire de Corneille et de Racine. Et leurs successeurs – dont Voltaire – ne concevaient pas de s’en dispenser. Serait-ce que le tempérament français, naturellement prompt à s’enflammer, trouve dans ces impositions son équilibre et assure, comme chez Racine aux émotions les plus violentes toute leur véhémence en en forçant le jet par le conduit le plus étroit ?

La règle est l’oxygène du Français même s’il en fait fi. Défier la règle fait partie de la règle or ce fut tout le génie des Britanniques d’en retenir un minimum en sorte qu’elles soient impossibles à contourner. Ce dédain des règles chagrinait Voltaire : il n’y trouvait, chez ses contemporains anglais, que l’imitation servile d’un précurseur inimitable… tout en s’empressant d’agir de même vis à vis de ses maîtres classiques, et avec moins de succès : l’œuvre théâtrale de Voltaire est passée aux oubliettes de l’histoire.

Par contre son introduction de Shakespeare dans le monde des lettres françaises devait avoir des conséquences fracassantes. Après la révolution, le souffle romantique fait sauter les verrous et cette retenue, cette clarté qui, figeant le théâtre et la poésie, avaient prêté aux essais et aux idées tant d’élégance, assuré leur rayonnement, sont passées de mode. La délicatesse de langage qui interdisait la discussion du mouchoir de Desdémone sur une scène française fond devant la virulence d’un Hugo qui tonne : « j’appellerai le cochon par son nom ! » Et il règle son compte à la sévère métrique qui sclérosait le dialogue théâtral : « J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin »

 

Victor_Hugo
 

C’est qu’Hugo, lui aussi exilé après quelque peccadille politique découvre à son tour Shakespeare  et s’extasie devant la juxtaposition des genres, la liberté et le lyrisme de la langue… Un peu trop au goût de Pemble et il est assez amusant de retrouver sous sa plume les mêmes critiques appliquées à Hugo que Voltaire avait eues pour Shakespeare, soit la boursouflure, l’exaltation dithyrambique. Il est vrai qu’Hugo n’y allait pas de main morte : Shakespeare, rapporte Pemble, « devient océan, terre existence, ‘toute la nature’, point culminant, la fertilité, la force, ‘l'exubérance, la mamelle gonflée, la coupe écumante, la cuve à plein bord, la sève par excès, la lave en torrent, les germes en tourbillons, la vaste pluie de vie … végétation, germination, lumière, flamme’ ».

Cependant, comment retourner à « je ne te hais point » (« je t’aime » manquant de mesure) après les pavés gluants de sang de la place de la Révolution et l’épopée napoléonienne ?

"William Shakespeare" par Victor Hugo (1864), texte intégral

Cowboys and Indians

The role of the cowboy in the American West was to herd the cattle on the wide open range — to prevent them straying and to move them to different grazing areas.

When ranchers began to fence in their cattle in enclosures, the need for cowboys was reduced. For the cowboys this meant the end of their lives on the range and, understandably, they didn’t want to be “fenced in”. 

Beginning in the 1920s and continuing to the present day, “Western” movies popularized the rugged outdoor life of cowboys. These films often presented fights between the cowboys and the indigenous, native Americans (called “Indians”), based on crude stereotypes. To this day, the expression “cowboys and Indians” means “the good guys and the bad guys.”

Roy Rogers (1911-1988) was a legendary American singer and actor known as The Singing Cowboy. A song made famous by Roy Rogers in 1944, and later sung by other singers of that era, was Don’t Fence Me In (Laisse-moi ma liberté).

The lyrics of the song expressed that desire not to be closed in.

A humorous French-English version of Don’t Fence Me In, sung by Dean Martin and Mireille Mathieu, may be heard on this video clip:

Linguistic Note:

The word “fence” has different meanings in different contexts. As a noun, its common meaning is a barrier (clôture). It can also refer to a person who trades in stolen goods (receleur). Fencing is a sport (escrime), as well as the material used to make a fence (matériau pour clôture). A fencer is un escrimeur. To fence with a sword or sabre is tirer à l’épée/au sabre. To fence off usually means to separate a piece of land from its surroundings (séparer par une clôture). A sunken fence (saut-de-loup) surrounding a garden with its top at the garden ground level, bounded with a ditch on the outer side, is also known as a ha-ha: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ha-ha (1). This keeps off sheep and cattle, without obstructing the view. The origin of that term is French (World Wide Words). 

The American Heritage® Dictionary of the English Language, Fourth Edition contains the following definitions:

Fence:

Noun:
1. A structure serving as an enclosure, a barrier, or a boundary, usually made of posts or stakes joined together by boards, wire, or rails.
2. The art or sport of fencing.
3. a. One who receives and sells stolen goods.
b. A place where stolen goods are received and sold.

Transitive verb:
1. To enclose with or as if with a fence. 
2. To separate or close off by or as if by means of a fence.
3. To sell (stolen goods) to a fence.

Intransitive verb:
1. To practice the art or sport of fencing.
2. To use tactics similar to the parry and thrust of fencing.
3. To avoid giving direct answers; hedge.
4. To act as a conduit for stolen goods.

Several idioms containing the word fence exist in English: 

– To mend fences – rétablir de bonnes relations; se réconcilier (après un désaccord)

– To sit on the fence – ménager la chèvre et le chou

So do some proverbs:

– Good fences make good neighbors (from the 17th century but made famous by Robert Frost’s poem, “Mending Wall”). 

– Do not protect yourself by a fence, but rather by your friends (Polish);

– The grass is always greener on the other side of the fence;

– Make not a fence more expensive or more important than the thing that is fenced (Hebrew).

(1) Ha Ha (1712): this 18th-century garden feature consisted of a trench, the inner side perpendicular and faced with stone, the outer sloping and turfed, that was intended to allow the landowner an uninterrupted view of the countryside. It came from the French word haha ‘…a ditch behind an opening in a wall at the bottom of an alley or walk’. According to French etymologists the ha! is an exclamation of surprise – or could it be fear?

http://www.askoxford.com/worldofwords/wordfrom/garden/

Jonathan Goldberg

Quiz

Connaissez-vous l'origine des mots ci-après ?

Indice : ils proviennent tous du nom de personnes réelles

Bloomer

DEFINITION 

bloomer (1) n. 
1. Costume autrefois porté par les femmes et les jeunes filles, composé de pantalons bouffants serrés aux chevilles et portés sous une jupe courte. 
2. bloomers
a. Culotte longue bouffante, serrée aux genoux, autrefois portée par les femmes et les jeunes filles pour pratiquer un sport. 
b. Culotte courte de fille, de conception similaire.

bloomer (2) n.
1. 
a. Plante qui fleurit. 
b. Personne qui parvient à la maturité et à la compétence: a late bloomer.
2. Argot Gaffe.

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE

Amelia Jenks Bloomer (1818-1894), une suffragette, donnait des conférences habillée d'une jupe courte et de pantalons bouffants serrés aux chevilles. Elle recommandait aussi le port de ce costume dans son magazine, bien que les femmes qui le portaient en public étaient vivement critiquées. 

Boycott

DEFINITION

to boycott tr.v. 
S'abstenir, à titre individuel ou collectivement, d'utiliser ou d'acheter (un produit) ou d'entretenir des relations avec (un pays) en guise de protestation ou de critique, ou encore à des fins de coercition. 
n.
Action de boycotter, boycottage.

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE 
  
Après avoir démissionné de l'armée britannique, dans laquelle il avait le grade de capitaine, Charles Boycott fut recruté comme représentant de propriétaires fonciers en Irlande pendant les années de famine du milieu du XIXe siècle. Il imposa aux paysans locataires pauvres une discipline semblable à celle qui régnait à l'armée, refusa de diminuer leurs loyers et, quand ceux-ci n'étaient pas payés, faisait saisir leurs logements. La population de la région environnante réagit en refusant de lui fournir des services et des aliments, et en évitant tout contact avec lui. Il dut faire appel à l'armée britannique pour le protéger, avant de fuir en Angleterre. Le nom de Boycott ne tarda pas à désigner cette façon d'agir, non seulement en anglais, mais également dans d'autres langues, telles que le français, le néerlandais, l'allemand et le russe. 

Cardigan

DEFINITION

Cardigan n.
(Vêtement et mode) Veste de tricot à manches longues et boutonné devant (Petit Robert).
(Zoologie) Corgi de grande taille, doté d'une longue queue (Collins English Dictionary).

ETYMOLOGIE

Le septième comte de Cardigan, qui dirigea la Charge de la cavalerie légère à Balaklava, portait un gilet à longues manches lorsqu'il combattit pendant la guerre de Crimée. Le cardigan revint au devant de l'actualité parce qu'il était souvent porté par le Président Jimmy Carter à la Maison Blanche.

Guillotine

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DEFINITION

Guillotine n.

1. Appareil consistant en une lourde lame retenue entre des montants, qui glisse vers le bas pour décapiter un condamné à mort. 
2. Instrument servant par exemple à couper du papier, qui fonctionne selon le même principe qu'une guillotine. 

tr.v. 
1. Guillotiner.
2. Couper à l'aide d'un appareil rappelant une guillotine ou d'une lame tranchante.

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE

Le mot guillotine a été formé à partir du nom du médecin français Joseph-Ignace Guillotin (1738-1814). L'appareil fut en fait conçu par le docteur Antoine Louis, secrétaire du Collège des chirurgiens, en vue de décapiter une personne de façon "indolore". Il fut utilisé pour la première fois le 25 avril 1792, pour exécuter un bandit de grand chemin appelé Pelletier ou Peletier. L'appareil était dénommé "louisette" or "louison", en l'honneur de son inventeur. Cependant, en raison d'un discours prononcé par le docteur Guillotin, le nom de ce dernier fut associé à cette machine. Après le décès de Guillotin en 1814, ses enfants essayèrent en vain d'obtenir une modification du nom de l'appareil. A la suite de l'échec de leurs efforts, ils obtinrent le droit de changer leur propre nom. 

Hooligan

DEFINITION

Hooligan n.

Jeune agressif ou violent.

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE

Hooligan était le nom d'une famille irlandaise querelleuse dans une pièce de théâtre anglaise du début du XXe siècle. Le tsar Nicolas II assista à une représentation de cette pièce lors d'un passage à Londres. A la suite des observations qu'il formula au sujet de cette pièce lors de son retour en Russie, le mot “hooligan” entra dans le vocabulaire de la langue russe, dans lequel il est encore utilisé – de même qu'en anglais – pour désigner un vandale ou un jeune voyou. 

Lynch

DEFINITION

To lynch tr. v. 
Punir (une personne) sans procès ou arbitrairement, en particulier par pendaison, parce qu'elle est censée avoir commis un crime ou par racisme. 

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE

Charles Lynch (1736-1796) était un riche planteur de Virginie qui exerçait des fonctions de juge. Il était connu pour avoir condamné un grand nombre de personnes à la pendaison. 

Masochisme

DEFINITION

Masochism n.

1. Fait de retirer du plaisir sexuel ou tendance à en retirer de mauvais traitements physiques ou moraux.

2. Fait de retirer du plaisir ou tendance à en retirer d'humiliations ou de mauvais traitements infligés par autrui ou par soi-même.
3. Tendance à s'imposer des épreuves pénibles.

ETYMOLOGIE

Leopold von Sacher-Masoch (1835-1895), romancier autrichien, écrivit des récits dans lesquels certains personnages retiraient du plaisir d'être maltraités, blessés ou humiliés. 

The American Heritage Dictionary of the English Language

Sadist

DEFINITION

Sadist n.
Personne qui prend plaisir à faire souffrir autrui.

D'après WordNet 3.0, 

ETYMOLOGIE

Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814), couramment appelé Marquis de Sade, écrivit des romans dans lesquels certains personnages retirent une satisfaction sexuelle en faisant souffrir ou en infligeant des traitements dégradants à d'autres. Plusieurs de ses livres furent écrits au cours des longs séjours en prison auxquels il fut condamné pour avoir mis en pratique ses théories.

Sandwich

DEFINITION

Sandwich n.

a. Plusieurs tranches de pain entre lesquelles se trouve de la viande ou du fromage.
b. Petit pain rond ou allongé contenant des aliments.
c. Tranche de pain sur laquelle on place des aliments.

The American Heritage Dictionary of the English Language

ETYMOLOGIE

Le quatrième comte de Sandwich, qui vécut (et s'adonna beaucoup au jeu) pendant le règne de Georges III, se faisait apporter par son serviteur de la viande placée entre des tranches de pain pour pouvoir rester à la table de jeu aux heures de repas. Il est aussi resté dans les mémoires parce que le capitaine Cook baptisa îles Sandwich des îles nouvellement découvertes dans l'océan Pacifique. Elles s'appellent de nos jours îles Hawaii.

SILHOUETTE

DEFINITION

Silhouette n.

Représentation d'un objet ou d'une scène consistant en une forme dépourvue de tout détail intérieur, généralement de couleur noire. 

Wikipedia

ETYMOLOGIE

Etienne de Silhouette. Le mot "silhouette", imprimé pour la première fois en Angleterre en 1798, provient du mot français identique, qui désigne une forme sombre qui se découpe sur un fond plus clair. Ce mot français semble avoir pour origine le nom d'Étienne de Silhouette (1709-1767), ministre des finances de la France en 1759. Diverses raisons ont été avancées pour expliquer l'honneur qui lui était ainsi fait. Selon certains, il ne s'agissait en fait pas d'un honneur car ce mot était utilisé avec dérision, peut-être du fait qu'il n'occupa
le poste susmentionné que pendant une brève période. Il ne fit donc qu'une brève apparition, comme une ombre en quelque sorte. Le nom de famille "de Silhouette" (qui signifie originaire de la ville de Silhouette) est la forme française du nom de famille basque Zuloeta ou Zulueta. Le père d'Étienne de Silhouette était en effet originaire du pays Basque .


Source complémentaire : Native Tongues, de Charles Berlitz

Le présent billet a été rédigé par Jonathan Goldberg et traduit de l’anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Churchill, Shakespeare et Cervantes


Le saviez-vous? Première question : dans quel domaine Winston Churchill, le célèbre homme d’Etat britannique et Premier ministre pendant la Seconde Guerre mondiale, a-t-il obtenu le Prix Nobel en 1953 ?

Le saviez-vous? Deuxième question : quel est le point commun entre Shakespeare et Cervantes, indépendamment du fait qu’ils étaient tous deux des écrivains célèbres ?     

William_shakespeare    Miguel_de_Cervantes 

Le saviez-vous? Troisième question : qui fut le premier lauréat du Prix Nobel de littérature ?

Les réponses à ces questions se trouvent à la fin de cet article.

Il est une règle de grammaire anglaise selon laquelle une phrase ne peut s’achever par une préposition. Par exemple, selon les puristes, il est incorrect d’écrire “That is the pen that I wrote the letter with”, si bien que, pour éviter de terminer cette phrase par la préposition “with”, il faut écrire “That is the pen with which I wrote the letter.” Churchill a exprimé son dédain pour cette règle en déclarant avec humour : “That is a rule up with which I will not put.” Il mettait ainsi en évidence le fait que la construction recommandée par les puristes pouvait parfois donner un résultat ridicule.

Aujourd’hui, cette règle est encore moins respectée que par le passé. Je serais tenté de dire qu’elle is more honoured in the breach than the observance (littéralement, “plus honorée dans l’infraction que dans le respect”). Cette expression, elle-même critiquée, nous la devons à Shakespeare, dans Hamlet :

But to my mind, though I am native here
And to the manner born, it is a custom
More honour'd in the breach than the observance.

Cette expression est beaucoup utilisée de nos jours, mais dans un sens différent. Shakespeare voulait faire dire à Hamlet qu’il aurait été plus honorable (et par conséquent souhaitable) de ne pas se plier à la coutume. Cependant, au fil des ans, cette expression a fini par désigner une coutume, pratique ou règle plus souvent bafouée que respectée. C’est le cas de la règle précitée concernant la place d’une préposition dans une phrase.

Une série télévisée britannique, Yes Minister, et une autre qui lui a succédé, Yes Prime Minister, diffusées par la BBC (radio et télévision) de 1980 à 1984, illustraient à merveille l’humour britannique. Elles étaient une satire de la vie politique au Royaume-Uni et du recours à un langage pompeux. Dans un épisode intitulé “The Key”, le Premier ministre, joué par Paul Eddington, réprimande le secrétaire du Cabinet, interprété par Nigel Hawthorne, parce qu’il vient d’utiliser l’expression More honour'd in the breach than the observance, lui reprochant d’utiliser un langage prétentieux et de détruire “the most beautiful language in the world, the language of Shakespeare”.

Voici les réponses aux trois questions posées plus haut :

Dans quel domaine Winston Churchill a-t-il obtenu le Prix Nobel en 1953 ?

La littérature, « pour sa maîtrise du genre historique et biographique, ainsi que son éloquence au service des grandes valeurs humaines ». Son discours d’acceptation, dont son épouse donna lecture, se trouve à l’adresse suivante : http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/churchill-speech.html

Quel est le point commun entre Shakespeare et Cervantes ?

Ils sont tous les deux morts le 23 Avril 1616.

Qui fut le premier lauréat du Prix Nobel de littérature ?

René-François-Armand Prudhomme (1839–1907), poète et essayiste français, en 1901.

Prudhomme-1

 

Rédigé par Jonathan Goldberg et traduit de l'anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

 

CONTREPETERIE (fr.) – SPOONERISM (Eng.)

Le mot contrepèterie veut dire une interversion des lettres ou des syllabes.
Voici une explication du terme français d’après Wictionaire :

Contrepèterie, féminin

  • Jeu de mot consistant à permuter des lettres ou des syllabes dans un énoncé pour un créer un autre plus comique (généralement grivois ou irrévérencieux).
    • La « femme folle à la messe » transformé par Rabelais en « femme molle à la fesse » est le prototype de la contrepèterie.
    • Le Canard enchaîné est célèbre pour sa rubrique hebdomadaire de contrepèteries intitulée Sur l'album de la Comtesse.
    • Avec l'expression « femme déçue », on peut faire une contrepèterie.

Note : La contrepèterie est proche de l'anagramme , sauf qu'elle consiste généralement à permuter non pas l'ensemble des lettres mais des phonèmes ou syllabes . Il est habituel de ne pas révéler la « solution » et de la laisser plutôt deviner par l'interlocuteur, dans un but ludique.

On a coutume d'attribuer la première contrepèterie à Rabelais (1494-1553), qui en 1532 dans le chapitre XVI de "Pantagruel" écrit ceci : "[…] Panurge disoit qu'il n'y avoit qu'un antistrophe entre femme folle à la messe, & femme molle à la fesse."

Ainsi, ne confondons pas : "un solitaire bien mis" et "un militaire bien sot" ou encore "un notaire attablé" et "un notable atterré"… 

En anglais la contrepèterie se traduit « Spoonerism ». Nous expliquons son étymologie et ajoutons des explications en anglais :

Spoonerism comes from the name of the Rev. William Archibald Spooner (1844-1930), a kindly but nervous Anglican clergyman and educationalist. All the above examples were committed by (or attributed to) him.

Definition of spoonerism: the transposition of usually initial sounds in a pair of words. 

Some examples:
We all know what it is to have a half-warmed fish ["half-formed wish"] inside us.
A well-boiled icicle ["well-oiled bicycle"].
It is kisstomary to cuss ["customary to kiss"] the bride.
Is the bean dizzy ["dean busy"]?
When the boys come back from France, we'll have the hags flung out ["flags hung out"]!
Let me sew you to your sheet ["show you to your seat"].

Source: http://en.wikipedia.org/wiki/Spoonerism  

 

Lecture supplementaire :

Puns

Freud

Le verbe anglais “to hang”: toutes les nuances

Quelques observations linguistiques sur to hang , to
be  hanged
 et to be  hung

Le verbe to hang a deux
participes : hung and hanged. Hung s'utilise pour qualifier un objet, par exemple un
tableau accroché à un mur, (et, dans deux cas speciaux,  pour un jury divisé ou un
parlement sans majorité), tandis que hanged se rapporte à une personne exécutée par pendaison.

Hanging-Wallpaper-toutX 

hung: accroché au mur

Man-hanging 

hanged: personne pendue


hung v.
Passé simple et participe passé de hang (sauf dans le sens d'exécuter
par pendaison ou dans l'expression idiomatique I'll be hanged if I know : le
diable m'emporte si je le sais).

adj.

1    a. (assemblée législative) dépouvu de
parti détenant la majorité absolue ; a hung parliament : un parlement
sans majorité



b. incapable de parvenir à une décision ; a hung jury un jury divisé
c. (situation) impossible à résoudre

hung over Familier
souffrant d'une gueule de bois

hung up Argot
a. en proie à des difficultés ou retardé
b. dans un état de confusion ; présentant des troubles affectifs

hung up on Argot Obsédé
ou intéressé exclusivement par

Collins English Dictionary – Complete and Unabridged 1991, 1994, 1998, 2000,
2003

to hang out
1. pendre ; p. ex. The dog's tongue was hanging out ou The
branches hung out over the driveway
.
[vers 1400]
2. Arborer (un drapeau) ou montrer (un signe) ; p. ex.
They hung out the flag
on every holiday
. [vers les années 1500]
3. Résider, vivre ; I've found a place downtown, and I'll be hanging out
there beginning next week
. [vers 1800]
4. Traîner, passer le temps ; p. ex. They hung out around the pool parlor ou They
spent the evening just hanging out.
[argot ; milieu des
années 1900]
5. To hang out with. Fréquenter, se montre en public avec ; p. ex.
She's hanging out with
her ex-boyfriend again
. [argot ; seconde moitié des années
1900].
Voir
aussi les expressions idiomatiques comprenant hang out ; let it all
hang out
.

Verbes à particule

hang back
Hésiter à agir ; s'abstenir de parler ou d'agir.

hang in Familier
Persévérer : he decided to hang in
despite his illness
.

hang off
Hésiter à agir ; s'abstenir de parler ou d'agir.

hang on
1. Tenir fermement quelque chose.
2. Persévérer.
3. Ne pas quitter (lors d'une communication téléphonique).
4.
Attendre un peu.

hang together
1. Être uni ou solidaire ; "We must all hang together, or assuredly we
shall all hang separately" (Benjamin Franklin).
2. Former un tout cohérent : diverse plot lines that did not hang together.

hang up
1. Suspendre à un crochet ou à un ceintre.
2. a. Raccrocher (un combiné de téléphone).
b. Mettre fin à une conversation téléphonique.
3.
a. Être bloqué ou rester coincé : The fishing line hung up on a rock.
   
b. Familier Eprouver
des problèmes émotionnels ou des inhibitions, ou en provoquer.

Expressions idiomatiques

give/care a hang
Se soucier, se préoccuper ; I don't give a hang what you do.
hang fire
1. Tarder à agir : "They are people who hung fire even through the bloody
days of the Hungarian Revolution" (Mark Muro).
2. Tarder à faire feu, avec un pistolet.
hang in there Familier
Persévérer malgré les difficultés ; persister ; She hung in there despite
pressure to resign
.
hang it up Familier
Renoncer.
hang loose Argot
Rester calme ou détendu.
hang (one's) hat
S'établir ; prendre résidence ; I hung my hat in Chicago.
hang on to
Garder ; ne pas se séparer de ; Hang on to your money.
hang tough Familier
Faire preuve d'une ferme résolution ; "We are going to hang tough on
this" (Donald T. Regan).
let it all hang out Argot
1.
Etre
totalement détendu.
2. Etrre d'une franchise totale.

hanged v. Passé et participe passé de to hang.

The
American Heritage® Dictionary of the English Language, Fourth Edition copyright
©2000 by Houghton Mifflin Company. Updated in 2009. Published by Houghton
Mifflin Company.

Proverbes comprenant le mot hang

He that is born to be hanged shall never be drowned.
Celui
qui est né pour être pendu ne se noiera jamais.
Proverbe
roumain

Save a thief from the gallows and he will help to hang you.
Si
vous sauvez un voleur du gibet, il aidera ceux qui vous pendront.
Proverbe
roumain

Never mention rope in the house of a man who has been hanged.
Ne
parlez jamais de corde dans la maison d'un pendu.
Proverbe
roumain

He that killeth a man when he is drunk must be hanged when he is sober.
Celui qui a tué un homme sous l'emprise de l'alcool doit être pendu quand il
est dégrisé
Proverbe roumain

If you would not live to be old, you must be hanged when you are young.
Si
vous ne voulez pas vivre vieux, vous devez être pendu tant que vous êtes jeune.
Proverbe
roumain

 What good is a golden gallows if they are going to hang you?
A
quoi bon une potence en or si c'est vous que l'on va pendre ?
Proverbe
suisse

The man dying to hang himself can always find a noose.
L'homme
qui tient absolument à se pendre trouvera toujours une corde.
Proverbe
afghan

 

Rédigé par Jonathan Goldberg

et traduit de l’anglais par
René Merteens – http://vieduguide.blogspot.com
  

Les guêpes, les juifs et les catholiques

  

  Wasp  

Le mot anglais wasp signifie guêpe mais, quand il est écrit en majuscules, il est un acronyme : White Anglo-Saxon Protestant (WASP). Les protestants constituent la majorité de la population américaine (51,3%), alors que les catholiques représentent 23,9% et les juifs 1,7%. (Source : The PEW Forum on Religion & Public Life.)

La Cour suprême des Etats-Unis perdra prochainement son dernier membre protestant, quand  le juge Stevens prendra sa retraite. 

  Supremecourt  

Le Président Obama a déjà désigné le Professeur Kagan, de religion juive, pour le remplacer.

  Untitled  

Si cette désignation est confirmée, il y aura six catholiques et trois juifs à la Cour suprême. Pour la première fois depuis la création de la Cour en 1789 [i] il n’y aura pas de protestant.

Il reste à savoir si les arrêts de la Cour, qui désormais ne refléteront l’opinion d’aucun WASP, seront moins piquants que par le passé.

Pour une analyse plus approfondie de cette nouvelle situation judiciaire, voir un article récemment publié dans le Los Angeles Times, intitulé Kagan and the Triumph of WASP Culture [ii].

Initials JJG Jonathan Goldberg

 


 

[i] http://fr.wikipedia.org/wiki/Cour_supr%C3%AAme_des_%C3%89tats-Unis

[ii] http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-rodriguez-wasps-20100517,0,5584536.column 

FreeRice

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FreeRice

address, speech – shut, shutter – close, shut

Le présent billet a été rédigé par Jonathan Goldberg et traduit de l’anglais par René Meertens, dont le blog est http://vieduguide.blogspot.com.

Le Président Obama a
prononcé son discours sur l'état de l'Union (State of the Union
Address
) mercredi soir, marquant ainsi la fin de la première année de son
mandat.

Sur le plan linguistique, on peut se demander pourquoi son
discours est appelé « address », et non « speech », deux mots rendus en français
par « discours ». Les lecteurs sont invités à expliquer la raison du choix du
mot « address ».

S'il est question de « State of the Union » et non de
« State of the Nation », cela est dû au fait que la Constitution des Etats-Unis
prescrit que « The President shall from time to time give to the Congress
Information on the State of the Union… »

Le Président a prononcé, comme
il en a l'habitude, un discours d'une grande clarté dans un anglais éloquent.
Cependant, le mot « shuttered » était surprenant et probablement erroné. Il
figurait dans la phrase suivante :

« Many businesses have shuttered.
»

Consultons le Collins English Dictionary – Complete and Unabridged
6th Edition 2003
:

Shutter (tr.) 1. to close with
or as if with a shutter or shutters

2. (Miscellaneous
Technologies / Building) to equip with a shutter or shutters

Il importe
de relever que ce verbe est transitif. Comme on le sait, les verbes transitifs
sont suivis d'un complément d'objet direct. Or, dans la phrase « Many businesses
have shuttered », le verbe « to shutter » est manifestement intransitif.

A première vue, il s'agit d'une question purement grammaticale mais,
pour toute personne soucieuse de la correction de la langue anglaise, les mots «
have shuttered » choquent, et l'expression « have been shuttered » est bien plus
naturelle. Il aurait encore été meilleur de dire « have closed their shutters ».
La même idée aurait pu être exprimée de façon plus succincte au moyen des mots «
have shut ».

Les verbes « to shut » et « to shutter » ont la même
racine. Jusqu'en 1540, un  «shutter » était une personne qui fermait quelque
chose. Depuis 1683, la définition de ce mot est « moveable wooden or iron screen
for a window ». « To shut » a notamment comme synonyme « to close ». Il est
difficile d'indiquer clairement la différence qui existe entre ces deux mots
car, dans certains contextes, ils sont interchangeables (par exemple, to
shut the door, to close the door
), alors que dans d'autres contextes, seul
l'un d'entre eux est correct (par exemple, « He closed his comments with an
appeal » ; « He told her to shut up»).

La situation se complique
lorsqu’on examine le substantif « close », qui signifie généralement «
conclusion » ; par exemple « He brought the show to a close ».

L’adjectif « close » se prononce différemment du verbe ou du nom
correspondant et a un sens bien différent, à savoir « near » ; par exemple « He
was near/close to victory ». Cependant, selon l’Online Etymology Dictionary
(etymonline.com), l’adjective « close » provient du latin clausus,
participe passé de claudere, qui signifie « arrêter, attacher, fermer
». Cela nous ramène à nos observations initiales concernant « to shut » et « to
shutter ». Le mot latin clausus a été adopté en ancien français sous la
forme de clos, et à la fin du XVe siècle, le sens de l’adjectif anglais
close est devenu « near » c’est-à-dire «closing the gap between two
things».

A première vue, le chevauchement partiel du sens des verbes
anglais «to close» et « to shut » n’existe pas en français, car « fermer »
correspond à ces deux verbes. Vive le français ! Mais attention : dans plusieurs
cas où l’on utiliserait «to close» ou «to shut» en anglais, le français
retient d’autres solutions, en fonction du contexte, par exemple :

route
closed to traffic               route interdite à la circulation

to
close the proceedings          mettre fin à OU clore

to close the
meeting                 lever la séance

to close the
gap                       réduire l’intervalle OU combler le fossé

to
close ranks                          serrer les rangs

to shut somebody in
a room    enfermer quelqu’un dans une chambre

Shut your
mouth!                     Ta gueule !

Vive les complexités et les pièges
des deux langues, ainsi que la difficulté de traduire de l’une à l’autre.

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