Le Prix Goncourt – jeu de culture historique ‎

Quel liens historiques y-a-t-il entre l'actrice française Simone Signoret, l'espion français Phillipe de Vosjoli, l'acteur américain Clint Eastwood, l'actrice américaine Jean Seberg, l'écrivain et traducteur britannique, professeur de francais à Universite de Princeton,  David Bellos, la lauréat du Prix du Livre Mann 2009 & 2012,Hilary Mantel,la membre de l'Académie française, Dominique Bona et le Consulat Général de France à Los Angeles ?

 

             

Simone Signoret                

Hilary Mantel             Philippe de Vosjoli


Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord évoquer la vie du Français Romain Gary. Polyglotte (russe, polonais, allemand, yiddish, lituanien, français et anglais), diplomate, romancier, cinéaste et aviateur de la 2ème guerre mondiale, qui fut le seul écrivain à remporter deux fois le Prix Goncourt, malgré la règle d'une seule attribution au même auteur, fixée par Jules et Edmond de Goncourt lors de la création du prix éponyme en 1902. Romain Gary, qui avait déjà reçu le prix en 1956 pour « Les racines du ciel », publia « La vie devant soi » sous le pseudonyme d'Émile Ajar en 1975.

 

L'Académie Goncourt  a attribué son prix à Émile Ajar sans connaître sa véritable identité. Gary a raconté cette mystification dans Vie et mort d'Émile Ajar.

 

 

L'exploit de Gary a été égalé par l'écrivaine et critique britannique Hilary Mantel qui remporta l'équivalent du Goncourt, le Man Booker Award, en 2009 et 2012. (À cette différence près que ce prix peut récompenser plusieurs fois le même auteur).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gary servit dans l'aviation française et, après la défaite de 1940, rejoignit le général de Gaulle à Londres où il s'enrôla dans les F.A.F.L. (Forces aériennes françaises libres). Ses brillants états de services lui valurent de nombreuses distinctions et décorations, notamment celles de Compagnon de la Liberation et de Commandeur de la Légion d'honneur.

La première épouse de Gary fut la rédactrice en chef de Vogue, l'Anglaise Lesley Blanch. Il épousa ensuite l'actrice américaine Jean Seberg. Gary, soupçonnant l'acteur et réalisateur hollywoodien Clint Eastwood d'entretenir une liaison avec Seberg (ils avaient tourné ensemble dans « La kermesse de l'Ouest »), le provoqua en duel.

           Gary & Seberg                                             Seberg & Eastwood


Gary était l'ami de Phillipe de Vosjoli, un agent des services secrets français qui, par la suite, s'essaya à la réalisation de films.

Le second Prix Goncourt de Romain Gary, « La vie devant soi », vendu à 1,2 million d'exemplaires depuis sa parution en 1975, a inspiré le film Madame Rosa, avec Simone Signoret. L'Oscar du meilleur film en langue étrangère lui fut décerné en 1977.

Tout cela est narré dans la biographie de Romain
Gary par David  Bellos, Romain Gary, A Tall Story, (Harvill Secker, novembre 2010) et celle
écrite par la romancière Dominique Bona, intitulée Romain Gary (Gallimard, mai 2001).

 

Romain Bona                          
Dominique Bona                                     Davis Bellos

     

 

Reste une question : Quel rapport y-a-t-il entre Romain Gary et le Consulat Général de France à Los Angeles ? Réponse : Gary y a été Consul Général de France de 1956 à 1961.

P.S. Gary et Seberg se sont tous deux suicidés à Paris – elle, en 1979, à l'âge de 40 ans et, lui, un an plus tard, à 66 ans. [1]

——————————

[1] Gary laissa une lettre pour dire que son suicide n'avait rien à voir avec celui de son ex-épouse. Deux autres auteurs du XXe siècle se suicidèrent avec leurs épouses : Stephan Zweig (Le Monde d'Hier) et Arthur Koestler (Le Zéro et l'Infini).(Tous trois étaient des réfugiés juifs).

Lectures supplémentaires :

Romain Gary : A Tall Story by David Bellos
The Independent,
19 novembre 2010

Romain Gary : A Short Biography

 Jean L. & Jonathan G.