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Un pont entre deux cultures.
Un blog destiné aux francophones qui s’intéressent à la langue anglaise.
Un pont entre le monde francophone et la culture anglo-américaine.
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Langue, traduction, histoire et création — une sélection à parcourir librement.
Une collection sauvée des archives d’Internet, entièrement reconstruite et de nouveau ouverte à ses lecteurs.
Après une pause, Le mot juste en anglais est de retour — sauvé des archives d’Internet et entièrement reconstruit. Nous sommes ravis d’être de retour et reconnaissants que vous nous ayez retrouvés. Mais soyons honnêtes : nos portes sont ouvertes alors que nous sommes encore en train de réparer le toit. Il se peut que certaines images manquent, que quelques anomalies de mise en page datant de nos années sur TypePad soient encore en cours de correction, et qu’un lien rompu que nous n’avons pas encore repéré se cache quelque part.
Le mot juste en anglais a été créé il y a environ 15 ans afin d’ouvrir une fenêtre aux lecteurs français intéressés par la langue anglaise – avec toutes ses singularités et ses difficultés – et, plus généralement, par la culture du monde anglophone. Le blog avait pour vocation de servir de passerelle linguistique et culturelle entre le monde francophone et le monde anglo-américain. Ces dernières années, le blog a fait une pause (en partie à cause de la fermeture soudaine de Typepad, la société qui fournissait le logiciel). Nous sommes actuellement en train de remettre en ligne Le mot juste en anglais (ainsi que notre blog en anglais Wordsmiths Blog), afin que les internautes puissent accéder à l’importante collection d’articles existants, même si nous ne publions plus de nouveaux articles aussi fréquemment qu’auparavant.
À propos de Jonathan Goldberg
Votre bloggeur fidèle est traducteur et interprète assermenté auprès du Judicial Council of California (hébreu/anglais, français/anglais). Il a vécu sur quatre continents et a passé un an à Paris, où il a obtenu un diplôme en Civilisation française de la Sorbonne – un cas d’opsimathie, vu le fait qu’il n’a jamais appris le français à l’école ni pendant ses années d’études précédentes en droit. Il a été membre du Barreau d’Afrique du Sud et du Barreau d’Israël. Il a traduit en anglais RÉVOLUTION d’Emmanuel Macron.
Il ne faut pas le confondre avec un autre Jonathan encore plus ancien – la tortue (âgée de 192 ans), le plus vieil animal terrestre du monde, en confinement sur l’île de Sainte-Hélène (comme Napoléon autrefois). Les deux (Jonathan & Jonathan, et non Jonathan et Napoléon) se sont rencontrés lors d’une visite de l’île effectuée par votre bloggeur.
Jonathan the turtleJonathan Goldberg
Jonathan le grand et Jonathan le petit — réunis sur l’île de Sainte-Hélène.
Les îles – quelques aspects géographiques, historiques et linguistiques
Ces derniers temps, j'ai signé des articles sur l'île de Sainte-Hélène, au milieu de l'océan Atlantique, de Robben Island, au large du Cap de Bonne Espérance, et d'Alcatraz, dans la baie de San Francisco. Cette fois, notre voyage va commencer dans une île, l'Irlande (l'Irlande du Nord et la République d'Irlande ou Eire).
Après avoir traversé l'océan, notre périple nous mène dans l'île d'Ellis, en face de New York, ainsi que dans l'îlot voisin où trône la Statue de la Liberté. L'Irlande et l'île d'Ellis se rejoignent dans l'histoire d'une fillette de 15 ans, Annie Moore, qui quitta l'Irlande avec ses parents, en quête d'une vie nouvelle aux Etats-Unis, et qui séjourna à Ellis le 1er janvier 1892. À cette époque, l'île était le principal centre d'accueil des masses d'immigrants qui, venant de toute l'Europe, allaient affluer en Amérique aux 19e et 20e siècles – rôle qu'elle cessa de jouer en 1943. Pendant toutes ces années, dix-sept millions d'immigrants, dont quatre millions d'Irlandais, ont franchi les portes du centre.
Ellis Island, New York, où se trouve aujourd'hui le Musée de l'Immigration
Musée de l'Immigration – Ellis Island, New York
Annie Moore et ses deux frères
Le vidéo-clip qui suit est une chanson, « Isle of Hope, Isle of Tears », dédiée à Annie Moore qui, comme tant d'immigrants accueillis à Ellis Island, était pleine d'espoir d'une vie meilleure, mais aussi de nostalgie de son pays natal. (Lorsqu'elle s'appelait encore Gibbet Island, l'île était l'endroit où les Britanniques menaient les pirates qui n'avaient pas l'espoir d'en sortir puisqu'ils y étaient pendus. Par la suite, l'île fut rachetée par Samuel Ellis qui l'utilisa pour des pique-niques.)
Voici les paroles de la chanson:
On the first day of January Eighteen Ninety Two They opened Ellis Island And they let the people through; And the first to cross the threshold Of the isle of hope and tears Was Annie Moore from Ireland Who was all of fifteen years.
Isle of hope, isle of tears Isle of freedom, isle of fears But it’s not the isle You left behind
That isle of hunger, isle of pain
Isle you'll never see again But the isle of hope Is always on your mind.
In her little bag she carried
All her past and history And her dreams for the future In the land of liberty And courage is the passport When your old world disappears But there’s no future in the past When you’re all of fifteen years
When they closed down Ellis Island In nineteen forty three Seventeen million people Had come there for sanctuary
And in springtime when I came here And stepped onto its piers I thought of how it must have been When you’re only fifteen years
Chorus The isle of home Is always on your mind
Sur un îlot tout proche d'Ellis Island, se trouve la Statue de la Liberté, offerte par le gouvernement français au peuple américain en 1886.
timbre et monnaie
Statue de la Liberté, New York
L'idée d'un présent scellant l'amitié franco-américaine et marquant le centenaire de l'indépendance du pays est due à l'historien et homme politique Édouard de Laboulaye, auteur de Paris en Amérique et des Contes Bleus. (Wikipédia)
La base de la statue porte une plaque de bronze sur laquelle est gravée, la fin du poème de la poétesse américaine Emma Lazarus, intitulé « le nouveau colosse » (The New Colossus). Cette plaque de bronze a été ajoutée en 1903. Voici les derniers vers du poème, tels qu'ils figurent sur le socle :
Give me your tired, your poor, Your huddled masses yearning to breathe free, The wretched refuse of your teeming shore. Send these, the homeless, tempest-tost, to me, I lift my lamp beside the golden door !
Donne-moi tes pauvres, tes exténués Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres, Le rebut de tes rivages surpeuplés, Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !
Cette inscription symbolise le rôle des États-Unis, terre d'accueil des immigrants. (Notons que les immigrants arrivant à Ellis Island n'avaient pas besoin de documents d'immigration. Mais, on les soumettait à des visites médicales pour évaluer leur état de santé. Les condamnés, les fous, les épileptiques, les polygames, les mendiants professionnels et ceux d'autres catégories étaient refoulés vers leurs pays d'origine.)
Note linguistique (Jean Leclercq):
Les mots anglais “island” et “isle” ont la même signification. Selon l'Online Etymology Dictionary, “isle” est entré dans la langue anglaise au 13e siècle, par l'intermédiaire du vieux français isle, lui-même dérivé du latin insula, signifiant “île”, peut-être la forme féminine de l'adjectif en-salos, signifiant “dans la mer”, de salum, “mer”. C'est un terme plus littéraire, utilisé dans la toponymie: Isle of Man, Isle of Wight. Remarquons qu'en français la vieille graphie isle a survécu dans des patronymes (Rouget de Lisle, Leconte de Lisle) et des toponymes (L'Isle-Adam, L'Isle-Jourdain, L'Isle-en-Dodon).
Le motanglais « island » estentré dans la langue anglaise par un cheminement plus complexe.
Le mot anglais « islet », désigne un îlot. Il est entré dans la langue anglaise vers 1530, en provenance du français « islette ».
L'adjectif « insular » (insulaire, en français, dans son sens littéral, géographique), est couramment employé en anglais dans un sens métaphorique que l'on pourrait, dans ce cas, rendre en français par étriqué(e).
Enfin, en anglais, “insular”n'est pas employé comme substantif, de la façon dont les Français emploient insulaire, dans le sens d'îlien, d'habitant d'une île. L'équivalent anglais serait le mot “islander”.
Livres
American Passage: The History of Ellis Island, par Vincent J. Cannato
Les portes de l’espoir: Ellis Island, par Stewart Fred-Mustard (2000)
Films :
Statue de la liberté et Ellis Island
Nuovomondo (2006)
Jonathan Goldberg
Cet article a bénéficié de la traduction et des précieux conseils de Jean Leclercq. Sa participation au blog va donc bien au-delà de ses traductions et nous aide à maintenir la qualité de ce blog.